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Allemand (Langue)

Langue du peuple Allemand et d'autres peuples apparentés ou réunis aux Allemands sur un plan politique à un moment de leur histoire. La langue Allemande fait partie du groupe Néerlando-Allemand ; celui-ci relève de la branche des langues Germaniques, qui font partie des langues Indo-européennes. L'Allemand comprend deux grands groupes de dialectes, le haut-Allemand (qui inclut l'Allemand littéraire standard) et le bas-Allemand. Ils forment ensemble un continuum qui va du nord de la Suisse à la mer du Nord et la mer Baltique ; un dialecte local est compréhensible pour les locuteurs de dialectes voisins, mais pas nécessairement pour les locuteurs de dialectes éloignés.

Principales caractéristiques :
Le développement de l'Allemand a été affecté par plusieurs mutations systématiques de certaines consonnes. Ce qu'on appelle la mutation Germanique a séparé l'ancienne langue proto-Germanique des autres parlers Indo-Européens. Dans cette mutation qui est décrite par la loi de Grimm, les *p, *t et *k Indo-Européens se transforment respectivement en *f, *th et *h Germaniques, les *b, *d, *g Indo-Européens deviennent les *p, *t et *k Germaniques ; d'une façon similaire, les *bh, *dh et *gh se transforment en *b, *d et *g Germaniques. La mutation vocalique du haut-Allemand s'est produite au moment où les dialectes Germaniques de l'ouest ont développé leurs propres traits distinctifs. Remontant à la période 500-700, ce phénomène détache les dialectes du haut-Allemand des autres parlers Germaniques occidentaux. Pendant cette période, le *p Germanique devient un *pf (en haut-Allemand Pflanze, en bas-Allemand Plante), en position initiale, après des consonnes ou géminées ; en position médiane ou finale après des voyelles, il se transforme en *ff ou *f (en haut-Allemand hoffen, en bas-Allemand hopen). Dans les mêmes conditions, le *t Germanique se transforme en z (prononcé ts, comme dans Pflanze) ou ss (en haut-Allemand essen, en bas-Allemand eten). Après une voyelle, *k se transforme en ch (en haut-Allemand machen, en bas-Allemand maken) ; dans tous les autres cas, le *k reste inchangé en dehors de l'extrême sud de l'Allemagne, où il devient d'abord kch puis ch. À une époque plus tardive, le Germanique *th se transforme en d (en haut-Allemand das, en bas-Allemand dat).
L'Allemand se caractérise également par le fait que, comme dans toutes les autres langues Germaniques, l'accent principal est placé de façon régulière sur la première syllabe du mot ; dans les combinaisons verbales, toutefois, c'est la syllabe du radical et non le préfixe qui est accentuée.
Les caractéristiques phonologiques de l'Allemand comprennent les éléments suivants : l'utilisation de l'occlusive glottale devant chaque voyelle initiale accentuée dans les mots simples ou dans les parties indépendantes d'un mot, la prononciation de [u, o, y, ø] en arrondissant complètement les lèvres, la tension des voyelles longues et le relâchement des voyelles brèves, l'articulation dorso-vélaire du r, le voisement du s devant une voyelle, le dévoisement des finales b, d et g en p, t et k respectivement, l'utilisation des affriquées pf et ts, et enfin la prononciation de w comme [v] et de v comme [f]. Les voyelles ne sont nasalisées que dans les mots empruntés au Français.
L'Allemand est une langue flexionnelle possédant trois genres (masculin, féminin et neutre), quatre cas (nominatif, génitif, datif et accusatif), ainsi qu'une déclinaison forte et faible des adjectifs qualificatifs. Grâce aux terminaisons des déclinaisons et des formes conjuguées, certaines parties du discours sont identifiées avec plus de précision que dans les langues où les flexions sont moins apparentes. L'ordre des mots est strictement déterminé ; par exemple, le sujet et le prédicat sont inversés quand ils sont précédés par un adverbe, une locution prépositionnelle ou une proposition subordonnée ; le verbe est placé en position finale dans une proposition subordonnée introduite par un pronom relatif ou par une conjonction. Pour la formation des mots nouveaux, l'Allemand fait un usage intensif de préfixes, de suffixes et de mots composés ayant au minimum deux mots indépendants, (Oberbaumeister, Handelsluftfahrt, Geteiltheit, teilbar). Le vocabulaire poétique et philosophique de l'Allemand est particulièrement riche, de même que la terminologie scientifique et technique.

Le haut-Allemand :
L'ancien haut-Allemand, qui correspond à un groupe de dialectes sans langue littéraire standard, était parlé jusqu'à l'an 1100 environ, date à laquelle commença à apparaître une langue standard basée sur les dialectes méridionaux. Le haut-Allemand moderne (Hochdeutsch) provient des dialectes du moyen haut-Allemand, qui sont semblables à ceux utilisés par Martin Luther dans sa traduction de la Bible au XVIème siècle. La frontière habituellement citée, au sud de laquelle le haut-Allemand est parlé, passe à l'est d'Aix-la-Chapelle, au sud de Düsseldorf, Kassel, Magdeburg et Berlin, jusqu'à Francfort-sur-l'Oder. Le haut-Allemand est subdivisé à son tour en deux catégories : d'une part le sud-Allemand en Suisse, en Autriche, au Liechtenstein et en Allemagne du Sud, et d'autre part le moyen-Allemand au Luxembourg et dans le centre de l'Allemagne.
Le haut-Allemand se compose de :
- l'Alémanique (appelé Souabe dans le secteur nord-est), qui est parlé dans les régions méridionales du Bade-Wurtemberg et de l'Alsace, la pointe sud-ouest de la Bavière et les zones germanophones de la Suisse, qui comprennent les grandes villes de Bâle, Zurich et Berne ;
- l'Austro-Bavarois, qui est utilisé d'une part dans la zone sud-est de l'Allemagne, à l'est de la rivière Lech et au sud de Nuremberg, (y compris Munich), et d'autre part en Autriche (à Innsbruck, Vienne et Graz) ;
- des branches du dialecte Francique, où l'on distingue le Francique méridional, entre Karlsruhe et Heilbronn, et le Francique oriental, autour de Nuremberg, Würzburg, Bamberg et Fulda ;
- du Lombard, qui fut parlé à un moment donné dans les zones de la Lombardie (Italie) occupées par le peuple Germanique des Lombards, et qui ne subsiste aujourd'hui que dans certains noms géographiques de la région. Le dialecte Lombard est d'un grand intérêt historique car il s'agit du plus ancien dialecte Germanique recensé (au milieu du VIIème siècle après JC), alors que les autres dialectes Germaniques ne remontent qu'au VIIIème, au IXème ou Xème siècle.
Le moyen-Allemand se compose :
- du Francique Rhénan, parlé dans la plus grande partie du Palatinat et de la Hesse, qui comprend les villes de Mayence, Heidelberg, Francfort-sur-le-Main et Marburg ;
- du Francique Mosellan, qui est utilisé sur les deux rives de la Moselle, autour de Trèves ;
- du Ripuaire, parlé entre Aix-la-Chapelle et Cologne ;
- du Thuringien, utilisé aux environs de Weimar, d'Iéna et d'Erfurt ;
- du Haut-Saxon, parlé en Saxe, (y compris les villes de Dresde et Leipzig) ;
- du Silésien, utilisé en Basse et Haute-Silésie, au nord-ouest et au sud-est de Wroclaw (que l'on appelait autrefois Breslau et qui se trouve maintenant en Pologne).

Le bas-Allemand :
La seconde branche principale de l'Allemand, appelé Plattdeutsch ou bas-Allemand, comprend le Bas Francique, qui est très proche du Néerlandais et qui est parlé seulement à l'ouest, dans une bande étroite le long de la frontière entre les Pays-Bas et l'Allemagne. Le bas-Allemand comprend également le Bas Saxon, qui est utilisé dans les plaines du Nord jusqu'à l'Elbe, pour la partie est et nord-est, y compris les villes suivantes : Münster, Kassel, Brême, Hanovre, Hambourg et Magdeburg. Il n'existe pas de standard littéraire moderne unifié. À la suite de la colonisation des régions Baltes par les chevaliers Teutoniques, le bas-Allemand s'est répandu dans les territoires situés à l'est de l'Elbe jusqu'au Brandebourg, au Mecklembourg et à la Poméranie, et même jusqu'à certaines parties de la Prusse. Le bas-Allemand a fourni de nombreux emprunts aux langues Scandinaves, mais la langue a perdu de son rayonnement avec le déclin de la Ligue hanséatique.

L'histoire :
Jusqu'au milieu du XIVème siècle, le Latin était la langue écrite officielle du Saint Empire Romain, qui regroupait la plupart des régions germanophones de l'Europe actuelle. Pendant le règne de Louis IV (1314-1347), l'Allemand fut adopté comme langue des documents officiels de la cour. Entre 1480 et 1500, il devint la langue officielle de nombreuses municipalités et cours de la Saxe et de Misnie, et il fut également adopté par les universités de Leipzig et de Wittenberg. En 1500, l'Allemand était généralement adopté en tant que langue officielle par l'ensemble de la Saxe et de la Thuringe, et elle était la langue écrite des classes cultivées. En outre, la publication de livres en Allemand augmenta dans le centre est de l'Allemagne, dans les villes de Wittenberg, d'Erfurt et de Leipzig, tout comme dans des villes de l'ouest et du sud-ouest y compris avec Mayence, Strasbourg, Bâle, Nuremberg et Augsbourg. Ces développements permirent de réduire les différences régionales et de standardiser la langue littéraire.
L'Allemand standard écrit est apparu au début du XVIème siècle dans les régions du centre-est autour d'Erfurt, Meissen, Dresde et Leipzig, où les habitants, originaires de régions situées plus à l'ouest et au sud-ouest, parlaient un dialecte basé sur les dialectes moyens-Allemands et sud-Allemands. Le haut-Allemand standard se répandit à partir des régions du centre-est dans tout le reste de l'Allemagne, en grande partie grâce à Luther. En effet, celui-ci traduisit la Bible en Allemand, de même qu'il utilisa cette langue pour rédiger ses pamphlets, cantiques et catéchismes. Ainsi, le terme de haut-Allemand en est venu à désigner d'une part, tous les dialectes Germaniques en dehors de ceux qui appartiennent à la branche du bas-Allemand, et d'autre part, la langue littéraire de l'Allemagne. En 1600, cette langue littéraire était bien établie ; il a fallu toutefois attendre le milieu du XVIIIème siècle pour qu'elle prenne la forme que nous lui connaissons aujourd'hui.
Les différentes régions de l'Allemagne et des autres nations européennes où l'Allemand était parlé ont suivi des règles d'orthographe diverses jusqu'au XXème siècle. En 1901, une conférence à laquelle participèrent des représentants de l'Allemagne du Nord et du Sud, de l'Autriche et de la Suisse permit de créer un système d'orthographe uniforme qui se répandit par la suite. Les grands traits de ce système sont exposés dans l'ouvrage (souvent réédité) du philologue Allemand Konrad Duden intitulé Rechtschreibung der Deutschen Sprache (Orthographe de la langue Allemande).
Il n'existe pas de prononciation standard de l'Allemand. Toutefois, certaines normes de prononciation ont été adoptées à la suite du travail d'une commission réunie en 1898, et composée de professeurs d'université et de représentants du théâtre Allemand. Ces règles ont été codifiées dans l'oeuvrage Deutsche Bühnenaussprache (« Prononciation théâtrale Allemande ») de Theodor Siebs, qui a d'abord été publié en 1898 et à nouveau en 1957 comme exemple de la Deutsche Hochsprache (Allemand standard). Cependant, la prononciation des Allemands, même très cultivés, est marquée par celle de leur dialecte d'origine. Il est possible d'identifier immédiatement d'après leur prononciation différents groupes germanophones comme les Souabes, les Saxons, les Autrichiens et les Suisses.

L'utilisation :
L'Allemand est parlé par de nombreux locuteurs dans le monde entier. Environ 71 millions de germanophones vivent en Allemagne et plusieurs millions sont sous administration étrangère. De plus, l'Allemand est parlé par près de 7 millions de personnes en Autriche, environ 300 000 au Luxembourg, 3 400 000 dans la partie nord-est de la Suisse, et environ 1 500 000 en Alsace et en Lorraine. Parmi les langues du monde, l'Allemand se place ainsi au sixième rang du point de vue du nombre des locuteurs. Il n'existe pas de statistiques fiables sur le nombre de germanophones qui habitent les régions de l'Europe de l'Est d'où les Allemands furent expulsés à la fin de la Seconde Guerre mondiale.


Exemple
Traduction

Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.


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