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Langue Wallone : Généralités

Le Wallon est une langue régionale Romane parlée en Wallonie (sud de la Belgique).

Il ne faut pas confondre le Wallon avec le Français tel qu'il est parlé en Belgique : le Français de Belgique ne diffère que très légèrement du Français de France ; les dialectes Wallons, quoique proches du Français, en diffèrent nettement.
Le Wallon est ou était également parlée :
- dans une petite partie de la France : «botte de Givet» (nord du département des Ardennes), plus quelques villages du département du Nord (Cousolre) ;
- dans une petite zone de l'état du Wisconsin, États-Unis (Green Bay), en raison d'une émigration assez importante au XIXème siècle ;
- par des résidants Wallons à Bruxelles ;
- dans deux ou trois villages du Grand Duché de Luxembourg (Doncols, Sonlez), où le Wallon est maintenant probablement éteint.
En Wallonie, quatre dialectes occupent quatre zones distinctes. L'est-Wallon est parlé autour de Liège, le centre-Wallon, autour de Namur, l'ouest-Wallon, dans la zone Nivelles-Charleroi-Chimay et le sud-Wallon en Ardenne. Une tentative de norme orthographique commune existe : le «rfondou walon», dont le principe est d'écrire un même mot de la même façon, indépendamment des différences phonétiques locales. Cette orthographe se base sur des diasystèmes pouvant être prononcés différemment selon le lecteur, à l'instar de l'orthographe du Breton dont l'exemple a inspiré le projet. Les graphies tentent de concilier les usages phonétiques actuels avec les traditions anciennes (notamment réintroduction de xh, oi) et la logique phonologique propre de la langue.
D'autres langues régionales sont parlées en Wallonie, en périphérie du domaine Wallon :
- le Picard (Mons, Ath, Tournai) ;
- le Gaumais (Virton) ;
- le Champenois (Bohan);
- le Luxembourgeois (Arlon, Martelange), langue Germanique, langue nationale du Grand Duché de Luxembourg.
Le Wallon fait partie de l'ensemble d'Oïl (c'est-à-dire les langues Romanes du nord, dont la plus connue est le Français). Il se distingue des autres langues d'Oïl surtout par un apport Germanique important (dans la phonétique, le lexique, la grammaire) mais aussi, contradictoirement, par un conservatisme phonétique marqué (le Wallon est resté assez proche des évolutions qui se sont déroulées dans le haut Moyen Âge).

Parler d'une «date de naissance» pour le Wallon est inapproprié, d'une part évidemment parce que les langues ne naissent pas en une nuit; mais surtout parce que le moment de la naissance dépend du point de vue adopté. Ainsi, d'un strict point de vue linguistique, Louis Remacle a montré que bon nombre des évolutions que nous considérons aujourd'hui comme typiques du Wallon sont apparues entre le VIIIème siècle et le XIIème siècle. Le Wallon «était nettement et définitivement individualisé dès 1200 ou dès le début du XIIIème siècle». Toutefois, les textes «linguistiques» de l'époque ne mentionnent pas le Wallon, alors qu'ils mentionnent déjà, entre autres, le Picard et le Lorrain dans le même domaine linguistique d'Oïl. Jusqu'au XVème siècle, les scribes de nos régions appelleront leur langue «roman» quand ils voudront la distinguer des autres. C'est au début du XVIème siècle que nous trouvons la première attestation du mot «Wallon» au sens linguistique où nous l'entendons aujourd'hui : en 1510 ou 1511, Jean Lemaire de Belges fait la transition entre «rommand» et «vualon» :
Et ceux cy [les habitants de Nivelles] parlent le vieil langage Gallique que nous appellons Vualon ou Rommand (...). Et de ladite ancienne langue Vualonne, ou Rommande, nous usons en nostre Gaule Belgique : C'est à dire en Haynau, Cambresis, Artois, Namur, Liege, Lorraine, Ardenne et le Rommanbrabant, et est beaucoup differente du François, lequel est plus moderne, et plus gaillart.
Le mot «Wallon» acquiert ainsi un sens plus proche de l'actuel : le vernaculaire de la partie Romane des Pays-Bas et du pays de Liège. On peut poser que la période où s'établit l'hégémonie bourguignonne unificatrice en pays Wallon est un moment charnière de notre histoire linguistique. La cristallisation d'une certaine identité Wallonne par opposition aux régions «thioises» (flamandes) des Pays-Bas consacre le mot «Wallons» pour désigner nos populations. De même, un peu plus tard, leur langue vernaculaire est plus nettement ressentie comme distincte du Français central et des autres idiomes d'Oïl environnants, ce qui entraîne l'abandon du mot «roman» au sens vague au profit du mot «Wallon» dont l'extension linguistique est superposée au sens ethnique et politique. C'est aussi l'époque où le Français achève de remplacer le latin dans toutes les fonctions (cf. l'édit de Villers-Cotterêts, en 1539); il s'établit comme langue d'enseignement, il fait l'objet d'une intense politique de normalisation (La Pléiade) : dans un contexte où cohabitent deux langues de la même famille, l'une ne peut se définir que contre l'autre... Les environs de l'an 1600 apportent comme une confirmation écrite des évolutions des représentations au cours des deux siècles antérieurs : c'est à cette époque que s'impose définitivement le système graphique Français en pays Wallon. C'est aussi de cette époque que date, corrélativement, une tradition de textes écrits dans une langue tâchant de décalquer le vernaculaire oral Wallon, alors que la langue écrite des siècles précédents, la scripta, était une langue composite, typiquement Wallonne mais ne reproduisant pas systématiquement les traits du vernaculaire oral de l'époque.

Le Wallon a été la langue prédominante du peuple Wallon jusqu'au début du XXème siècle, quoique la connaissance passive du Français était courante. Depuis, le Français régional s'est répandu partout, au point que 30 à 40 % seulement de la population Wallonne pratiquent encore leur langue propre, les proportions variant de 70 à 80 % chez les plus de 60 ans à environ 10 % chez les moins de 30 ans. La connaissance passive est beaucoup plus courante : elle irait de 36 à 58 % dans le groupe d'âge où la connaissance active est la plus faible, c.-à-d. chez les jeunes. Légalement, le Wallon est reconnu depuis 1990 par la Communauté Française de Belgique (c.-à-d. l'autorité compétente en matière culturelle pour la Wallonie dans l'État fédéral Belge) comme «langue régionale endogène» qu'il faut étudier et dont il faut encourager l'utilisation. Le mouvement culturel Wallon repose entre autres sur l'Union culturelle Wallonne (UCW), qui regroupe plus de 200 cercles de théâtre amateur, des groupes d'écrivains, des comités de promotion du Wallon à l'école. Une bonne douzaine de revues paraissent régulièrement. Il faut aussi citer la Société de langue et de Littérature Wallonne (fondée en 1856), qui promeut la littérature Wallonne et l'étude des langues régionales Romanes de Wallonie (surtout dialectologie, étymologie, etc.).


Logo de la date de modification 01/06/2021 Logo du nombre de vues 2 156 vues

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Cette langue est transcrite avec l'écriture suivante :
Les Ecritures : Latin


Cet élément est cité dans les 3 articles suivants :

Les Ecritures : Les chiffres : Comparaison

Les Langues : Langue Flamande : Généralités, Langue Picard : Généralités


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