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Le peuple Guanches

Les Guanches sont les premiers habitants connus des îles Canaries.
Le terme Espagnol, Guanchos serait, selon Núñez de la Peña, une déformation par les Espagnols de Guanchinet, terme indigène signifiant homme (Guan) de Ténériffe (Chinet). Stricto sensu, les Guanches seraient donc uniquement les aborigènes de l'île de Teneriffe qui semblent avoir conservé leur pureté ethnique jusqu'à la conquête par les Espagnols. Le terme a ensuite été étendu à l'ensemble des populations indigènes de l'ensemble de l'archipel.
Les Guanches, qui ont disparu en tant que peuple, apparaissent très semblables à l'homme de Cro-Magnon à l'examen de leurs ossements, et il n'y a guère de doute qu'ils constituaient un rameau des Berbères qui, à l'aube des temps historiques, peuplèrent le nord du continent africain depuis l'Égypte jusqu'à l'Océan Atlantique.
Pline l'Ancien nous rapporte que selon Juba, roi de Maurétanie, les Carthaginois qui auraient visité l'archipel sous la direction de Hannon l'auraient trouvé vide d'habitants, mais qu'ils auraient perçu les ruines de constructions importantes. On pourrait en déduire que les Guanches n'auraient pas été les premiers habitants ; l'absence de toute trace d'une pénétration de l'Islam parmi les populations qui vivaient là à l'arrivée des Espagnols, laisse penser qu'il s'agirait alors de la plus lointaine migration vers l'ouest de Berbères survenue entre l'époque de Pline l'Ancien et la conquête de l'Afrique du Nord par les Arabes. Un grand nombre de Guanches périrent en résistant à la conquête Espagnole, beaucoup furent vendus comme esclaves, beaucoup aussi embrassèrent la foi catholique et s'unirent par mariage aux conquérants.
Il subsiste des témoignages de leur langue, quelques expressions, et les noms propres de leurs chefs qui restent portés comme noms de familles : ces témoignages permettent de les relier aux dialectes Berbères. Dans la plupart des îles, on a retrouvé des signes rupestres. Domingo Vandewalle, gouverneur militaire de Las Palmas fut le premier à les reconnaître en 1752. C'est à la persévérance d'un prêtre de Las Palmas, Don Aquilino Padran, que certains ont été identifiés sur l'île de Hierro. En 1878, Dr R. Verneau découvrit des inscriptions de type Libyque original dans les ravins de Los Balos. Ces inscriptions rupestres sont toutes, sans exception, d'origine Numide. Dans les deux îles de Teneriffe et la Gomera, Où les Guanches ont conservé une plus grande homogénéité ethnique que dans les autres îles, aucune de ces inscriptions n'a été découverte. On pense donc que les vrais Guanches ne connaissaient pas l'écriture. Les traces de présence Sémite ont été identifiées sur les autres îles, et dans chacune d'entre elles, des inscriptions rupestres. Une hypothèse plausible consiste donc à imaginer que des Numides des environs de Carthage, mêlés aux Sémites dominants dans la colonie Phénicienne, sont venus dans les îles Canaries et qu'ils sont à l'origine des écritures rupestres de Hierro et de Grande Canarie.

L'organisation sociale et politique :
L'organisation sociale et politique des Guanches différait d'une île à l'autre. Certaines étaient soumises à une autocratie héréditaire, dans d'autres, les autorités étaient élues. À Teneriffe, toutes les terres appartenaient aux chefs qui les louaient à leurs sujets. Sur la Grande Canarie, le suicide était considéré comme honorable, et lors de l'intronisation d'un nouveau chef, l'un de ses sujets l'honorait de façon volontaire en se jetant dans un ravin. Sur quelques îles, on pratiquait la polyandrie et sur les autres, la monogamie. Mais partout les femmes étaient respectées et tout coup porté à une femme par un homme armé était puni comme crime.

Le mode de vie :
Les Guanches portaient des vêtements en peu de chèvre ou en fibres textiles que l'on a retrouvés dans des tombes sur la Grande Canarie. Ils appréciaient les bijoux, les colliers en bois, en pierre ou en coquillages fabriqués selon divers modèles. Ils utilisaient principalement des perles de céramique de formes variées, lisses ou polies, en général noires et rouges. Ils se peignaient le corps. Les pintaderas, objets en terre cuite évoquant des sceaux, semblaient servir uniquement à la peinture corporelle, dans des couleurs variées. Ils fabriquaient des poteries grossières généralement sans aucun décor, mais parfois ornées à l'aide des ongles. Les armes des Guanches étaient les mêmes que celles des anciens peuples du sud de l'Europe. On utilisait surtout la hache en pierre polie sur la Grande Canarie, et plus fréquemment la hache en pierre ou en obsidienne taillée à Teneriffe. Ils utilisaient aussi la lance, la massue, parfois garnie de pointes en pierre, ainsi que le javelot. Il semble qu'ils aient connu le bouclier. Ils vivaient dans des cavernes naturelles ou artificielles, situées dans les parties montagneuses. Dans les zones ou le creusement de cavernes n'était pas possible, ils construisaient des cases rondes et, selon ce que rapportent les Espagnols, ils avaient même des fortifications grossières.

Les rites funéraires :
À Palma, les vieillards étaient abandonnés seuls pour mourir, s'ils le souhaitaient. Après avoir fait leurs adieux à leurs proches, ils étaient emmenés dans une caverne sépulcrale avec rien d'autre qu'un bol de lait. Les Guanches embaumaient leurs morts, et beaucoup de momies ont été retrouvées dans un état de dessiccation complète, ne pesant guère plus de 3 ou 4 kg. Deux grottes quasiment inaccessibles ouvertes dans une paroi rocheuse verticale près de la côte à 5 km de Santa Cruz (Tenerife) contiendraient encore des ossements. Plusieurs procédés d'embaumement existaient. À Tenerife et Grande Canarie le cadavre était simplement enveloppé dans des peaux de chèvre ou de mouton, alors que sur d'autres îles un produit résineux était employé pour conserver le corps qui était ensuite placé dans une caverne difficile d'accès ou enterré sous un tumulus. Le travail d'embaumement était réservé à une certaine classe, de femmes pour les femmes et d'hommes pour les hommes. L'embaumement ne semble pas avoir été systématiquement pratiqué, et des cadavres étaient simplement cachés dans des grottes ou inhumés.

La religion :
On connaît peu de choses sur les religions des Guanches, qui leur était propre. Ils professaient la croyance généralisée en un être suprême nommé Acoran à Grande Canarie, Achihuran à Ténériffe, Eraoranhan à Hierro et Abora à La Palma. Les femmes d'Hierro adoraient une déesse nommée Moneiba. Traditionnellement, les dieux et déesses vivaient au sommet des montagnes d'où ils descendaient pour écouter les prières des fidèles. Dans les autres îles, les habitants vénéraient le Soleil, la Lune, la Terre et les étoiles. La croyance aux démons était générale. Le démon de Ténériffe s'appelait Guayota et vivait au somment du volcan Teide, qui était l'enfer nommé Echeyde. Pendant les temps de troubles, les Guanches conduisaient leurs troupeaux dans des prairies consacrées ou les agneaux étaient séparés de leurs mères dans l'espoir que leur bêlements plaintifs attireraient la pitié du Grand Esprit. Pendant les fêtes religieuses, toute guerre et même toute dispute personnelle étaient suspendue.


Logo de la date de modification 05/06/2021 Logo du nombre de vues 1 554 vues

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Ce peuple/homme utilise la langue suivante :
  Guanche


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