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Antipatros

Connu aussi sous le nom Antipater, Antipatros fut sans doute celui sans qui la Macédoine n'aurait jamais accédé au rang de grande puissance, puis d'empire.
vers 400 avant JC, il fut en effet l'alter ego de Philippe II qui appréciait en lui peut-être moins le chef militaire que l'homme d'État. Ami d'Aristote, auteur d'une histoire, perdue, des guerres d'Illyrie et d'une vaste correspondance, Antipatros tranche par son sérieux et son savoir sur le reste de l'entourage royal. On peut dire qu'il fut un philosophe en action, dans la mesure où sa politique à l'égard des Grecs dénote l'influence des théoriciens de l'Académie et du Lycée.
On ne sait presque rien de son activité durant cette première période de sa vie. Sa participation aux négociations de paix avec les Athéniens (346 avant JC) et sa désignation à la tête de l'ambassade chargée de leur remettre, après Chéronée (338 avant JC), les cendres de leurs morts ne laissent toutefois aucun doute sur le rôle de premier plan qu'il jouait désormais, d'autant qu'il avait consolidé sa position en mariant l'une de ses filles à l'héritier de la maison princière de Lyncestide, en haute Macédoine. Tuteur du jeune Alexandre, il était chargé de toutes les responsabilités quand Philippe était indisponible. L'assassinat de celui-ci (336 avant JC), tombant opportunément pendant que ses rivaux potentiels se trouvaient en Asie Mineure, lui permit de porter sur le trône le prince qu'il avait formé.
On connaît mieux la suite de sa carrière. Alexandre lui confie la régence durant ses absences, en 335 avant JC, puis en 334, lorsqu'il s'embarque pour l'Asie. « Stratège d'Europe », Antipatros possède les prérogatives d'un souverain et parvient, avec des moyens diminués par les renforts expédiés en Asie, à réduire des révoltes en Thrace (331 avant JC) et en Grèce où le Spartiate Agis III, allié des Perses, rassemble les cités hostiles à la Macédoine avant d'être vaincu à Mégalépolis. Pour assurer sa mainmise sur la Grèce, Antipatros est toutefois contraint de s'appuyer sur des régimes impopulaires, oligarchies ou tyrannies. On a souvent souligné que, sans cette dure vigilance exercée sur la Grèce d'Europe, Alexandre n'aurait pas eu les mains libres pour réaliser ses conquêtes asiatiques.
Revenu de l'Inde en 324 avant JC, Alexandre se croit assez fort pour adopter une politique libérale, ce qui impliquait un changement de personnes : le plus prestigieux de ses jeunes généraux, Cratèros, aurait donc remplacé Antipatros, appelé auprès du roi à Babylone, sans que l'on sache si le vieux stratège, demeuré loyal quand le trésorier d'Alexandre, Harpale, avait tenté d'entraîner Athènes et la Grèce dans une révolte armée (324 avant JC), aurait laissé démolir l'édifice patiemment construit. Celui-ci se lézarde dès la mort du roi (323 avant JC).
Maintenu dans ses fonctions lors du « partage de Babylone » (été 323 avant JC), Antipatros voit en effet, à l'appel des Athéniens et des Étoliens, de nombreuses cités prendre les armes contre la domination Macédonienne. Assiégé dans Lamia par Léosthène (d'où le nom de guerre lamiaque), Antipatros ne fut sauvé que par l'écrasante victoire navale de Cleitos à Amorgos, où la flotte Athénienne fut définitivement anéantie, et l'arrivée de renforts amenés d'Asie par Léonnatos puis par Cratèros, auquel il fit épouser Phila, l'aînée de ses trois filles.
Après la défaite des coalisés à Crannon (322 avant JC), Antipatros, sûr de la fidélité de Cratèros, tenait fermement la Macédoine et la Grèce, dont les cités avaient perdu les moyens d'une politique indépendante. Il tenta, en lui offrant la main d'une autre de ses filles, Nikaia, de neutraliser Perdiccas, qui gouvernait l'Asie au nom des successeurs conjoints d'Alexandre, Philippe III et Alexandre IV. Mais Perdiccas ayant finalement préféré la sœur d'Alexandre, Cléopâtre, Antipatros soutint le satrape d'Égypte, Ptolémée, qui défit l'ambitieux général. Passé en Asie, Antipatros reçut, à Triparadeisos (321 avant JC), le gouvernement de tout l'empire, toujours au nom des deux rois. Assurément fidèle à ceux-ci, mais dépassé par la situation, le vieil homme regagna aussitôt la Macédoine avec eux, abandonnant l'Asie aux ambitions des jeunes généraux, qu'il s'imaginait peut-être pouvoir contenir en confiant le commandement des armées à un chef militaire de sa génération, Antigonos le Borgne. Il mourut en 319 avant JC, laissant là aussi la régence à un homme de son âge, Polyperchôn, sans que l'on sache s'il avait compris que son propre fils Cassandros s'estimait apte à gouverner après lui. Ces choix désastreux, aussi bien en Asie qu'en Europe, portèrent un coup fatal à l'unité d'un empire dont le vieux général avait hérité sans en avoir été l'artisan.


Logo de la date de modification 06/06/2021 Logo du nombre de vues 1 468 vues Babylone

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Cet élément est cité dans les 5 articles suivants :

Les Hommes/Peuples : Le roi Agis III, Le roi Alexandre le Grand, Le roi Cassandre, Ptolémée Ier Sôter

Le Glossaire : Diadoque


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