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Le peuple Albanais

Les Albanais seraient les descendants des Illyriens, peuple Indo-Européen qui s'installe dans la région occidentale de la péninsule Balkanique autour de l'âge du bronze ou peu après (vers 1000 avant JC).
Un royaume Illyrien s'étend de la côte Dalmate aux régions côtières de l'Albanie actuelle et atteint l'apogée de sa puissance sous le règne du roi Agron, au milieu du IIIème siècle avant JC. Il devient une forte puissance maritime, mettant ainsi en danger le commerce de la République Romaine dans la région. En 168 avant JC, Rome conquiert l'Illyrie, qui demeure sous son autorité pendant plus de cinq siècles. L'Albanie devient un centre important reliant Rome et Byzance par la Via Egnatia.

Les invasions du Moyen Âge :
À la suite du partage de l'Empire Romain en 395 après JC, l'Albanie est intégrée à l'empire d'Orient. À cette période, les ports Albanais comme Durrachium (Durrës) deviennent d'importantes places commerciales. Les provinces Illyriennes sont dévastées par des tribus nomades, les Goths et les Huns au IVème siècle, les Bulgares au Vème siècle et les Slaves aux VIème et VIIème siècles. Craignant d'être submergés, les Albanais (convertis au christianisme) migrent vers le sud et se concentrent dans les régions montagneuses escarpées où ils restent sous la tutelle théorique de l'Empire Byzantin.
Aux XIème et XIIème siècles, l'Albanie est envahie par les Normands. En 1190, le prince Albanais Progon réussit à instaurer un État indépendant qui se maintient jusqu'à la moitié du XIIIème siècle. Puis le pays est conquis par les Serbes au XIVème siècle. Avec l'effondrement de l'Empire Serbe d'Étienne IX Douchan, en 1355, l'Albanie est divisée entre seigneurs féodaux locaux.

La domination Ottomane :
Sous l'autorité de George Castriota, connu sous le nom de Skanderbeg, héros national, les Albanais résistent à une première occupation Turque. En 1448 et en 1466, Skanderbeg repousse d'importantes expéditions Turques mais, après sa mort, en 1468, l'Albanie est de nouveau intégrée à l'Empire Ottoman et la majorité de la population est convertie à l'islam. Un grand nombre d'Albanais émigrent alors en Sicile et en Calabre, où existent encore des communautés Albanaises. Pendant les cinq siècles d'occupation Turque, nombreux sont les Albanais qui obtiennent de hautes fonctions au sein de l'Empire. Pendant la seconde moitié du XVIIIème siècle, plusieurs princes locaux reprennent momentanément le pouvoir. De 1775 à 1796, les Bushati règnent sur le duché de Shkodër et, surtout, de 1790 à 1822, Ali Pacha sur celui d'Ioánnina.
La Ligue Albanaise, regroupant des patriotes Albanais favorables à l'indépendance du pays, est fondée à Prizren. Elle se forme en 1878, au lendemain du congrès de Berlin qui a ravivé le sentiment national. Ces derniers luttent sur deux fronts : contre les nations voisines pour préserver l'intégrité territoriale de l'Albanie et contre la Turquie pour donner à celle-ci un statut d'autonomie.

De l'indépendance à la domination zoguiste :
En décembre 1912, la conférence de Londres reconnaît l'indépendance de l'Albanie, proclamée le 28 novembre 1912 à la suite de plusieurs révoltes contre la Turquie par les patriotes Albanais dirigés par Ismaïl Qemal. Cependant, la frontière définie en 1913 par une commission nommée par les grandes puissances enlève à l'Albanie plus de la moitié de son territoire dont le Kosovo-Metohija, soit environ 40 % de sa population. Aujourd'hui, plusieurs centaines de milliers d'Albanais vivent toujours en Grèce, 500000 en Macédoine [FYROM] et près de 1,5 million en Serbie et au Monténégro.
Les grandes puissances choisissent le prince Allemand Guillaume de Wied comme souverain de l'Albanie. Il est intronisé en mars 1914 mais, en raison d'une opposition locale et de la déclaration de la Première Guerre mondiale, il doit fuir le pays six mois plus tard.
Pendant la guerre, l'Albanie devient un champ de bataille pour les grandes puissances. Cependant, la conférence de paix de Paris de 1919 rejette les prétentions territoriales de la Grèce, de la Serbie, du Monténégro et de l'Italie, et l'Albanie échappe au démantèlement. Elle est admise à la Société des Nations (SDN) le 17 décembre 1920.
Pendant les quatre années qui suivent, l'Albanie est déchirée par la lutte acharnée pour le pouvoir des factions politiques. Les premières élections qui se déroulent en avril 1921 opposent les conservateurs du Parti progressiste aux réformateurs du Parti populaire. Ahmed Zogu, un grand féodal, prend une importance croissante dans la vie politique Albanaise. Premier ministre en 1922, il est renversé par l'opposition démocratique qui se rassemble autour de l'écrivain Fan Noli, nommé Premier ministre en 1924. Mais Ahmed Zogu reprend le pouvoir dès 1925 par une intervention militaire et se fait proclamer président. De 1928 à 1939, il prend le titre de Zog Ier, roi des Albanais. Il introduit des réformes juridiques (promulgation de codes civil, pénal et commercial) et économiques (réforme agraire). Ayant ouvert le pays aux capitaux étrangers afin de favoriser le développement économique, le roi Zog est soumis aux pressions de l'Italie fasciste qui, après avoir accordé d'importants prêts à l'Albanie, exige la conclusion de traités d'alliance politique et militaire. Mais le 7 avril 1939, les troupes de Mussolini occupent le pays, et le roi Victor-Emmanuel III d'Italie est aussitôt proclamé roi d'Albanie.

La Seconde Guerre mondiale :
La résistance armée des groupes nationalistes contre les Italiens s'organise à partir de 1941, sous la bannière du Parti communiste Albanais fondé au mois de novembre. Enver Hoxha, un jeune enseignant formé en France, en devient le secrétaire général. En septembre 1942, les communistes et des nationalistes non communistes créent le Front de libération nationale (FLN), tandis que ceux qui jugent ce mouvement dominé par les communistes se regroupent au sein du Front national. Les deux mouvements créent un Comité de salut public, bientôt dénoncé par le FLN.
Après la capitulation de l'Italie (8 septembre 1943), l'Albanie subit l'occupation Allemande. En mai 1944, Enver Hoxha est porté à la tête d'un Comité antifasciste de révolution nationale, et l'Armée de libération nationale, qu'il dirige depuis juillet 1943, libère l'ensemble du pays entre septembre et novembre 1944. Au mois d'octobre, le Comité antifasciste se transforme en gouvernement provisoire dont Enver Hoxha prend la direction. Il est reconnu en 1945 par les puissances internationales.

La République populaire d'Enver Hoxha : (1946-1985)
Plus de 90 % des voix se portent sur le Front démocratique, dominé par les communistes, lors de l'élection en décembre 1945 d'une Assemblée constituante. Le 11 janvier 1946, elle proclame la République populaire d'Albanie. En mars, une nouvelle Constitution est promulguée et un nouveau gouvernement formé, Enver Hoxha assumant la fonction de Premier ministre. Des purges éliminent l'opposition, les industries et les usines sont nationalisées et une réforme agraire radicale est introduite. De 1944 à 1948, la politique étrangère Albanaise est marquée par des relations tendues avec la Grèce et l'Occident en même temps qu'une étroite alliance avec la Yougoslavie de Tito. Il est même un temps envisagé d'intégrer l'Albanie dans la Yougoslavie. Cependant, après la rupture des relations Soviéto-Yougoslaves de 1948, l'Albanie s'aligne sur l'Union soviétique. En 1949, l'Albanie est admise au Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM) et, en 1955, elle devient membre du pacte de Varsovie.
En 1954, Enver Hoxha abandonne son poste de Premier ministre à son adjoint, Mehmet Shehu, mais continue de diriger le pays. Les relations de l'Albanie avec le bloc soviétique commencent à se détériorer à partir de la seconde moitié des années 1950, Hoxha désavouant la politique de déstalinisation, de coexistence pacifique avec les pays capitalistes et de rapprochement avec la Yougoslavie.
Le gouvernement Albanais se rapproche de celui de Pékin, dont il partage les orientations, vers la fin de l'année 1960. En novembre 1961, l'Albanie rompt toute relation diplomatique avec l'Union soviétique, qui cesse de lui apporter tout soutien. La Chine dépêche aussitôt des experts chargés de remplacer les conseillers soviétiques qui se sont retirés du pays et fournit des crédits à intérêts peu élevés.
La réorientation de la politique étrangère Chinoise au début des années 1970 et le rapprochement sino-Américain qui s'ensuit sont à l'origine de la rupture des relations entre l'Albanie et la Chine. L'Albanie, ayant normalisé ses relations avec la Yougoslavie, puis ayant à plusieurs reprises condamné publiquement la politique étrangère de la Chine, Pékin cesse de soutenir son ancien allié en juillet 1978. Le régime d'Hoxha, prétendant à une stratégie de développement économique et politique indépendant, se ferme alors au monde en continuant de proclamer la possibilité de construire le «socialisme dans un seul pays», selon la thèse stalinienne. La dictature en place est une des plus dures de toute l'Europe de l'Est.
Cependant, la fin des années 1970 et le début des années 1980 voient une amélioration des relations de l'Albanie avec ses voisins européens. La question de la minorité ethnique Grecque en Albanie (entre 60000 et 300000 personnes suivant les estimations) reste pourtant sensible. Les relations avec la Yougoslavie redeviennent tendues à la suite des mauvais traitements infligés par les Serbes aux Albanais du Kosovo. En décembre 1981, le gouvernement annonce le suicide du Premier ministre Mehmet Shehu, plus tard accusé d'être un agent étranger. Jusqu'au milieu des années 1980, la traque de l'«ennemi intérieur» se poursuit. Adil Çarçani est nommé Premier ministre en janvier 1982 et Ramiz Alia est porté à la présidence au mois de novembre.

La démocratisation :
À la suite de la mort d'Enver Hoxha, en avril 1985, Ramiz Alia prend la direction du Parti communiste. Les dirigeants Albanais résistent aussi longtemps que possible à la vague de démocratisation qui déferle sur l'Europe orientale à partir de 1989. Ce n'est qu'après la chute de Nicolae Ceausescu en Roumanie (décembre 1989), les manifestations des étudiants de Tirana, et sous les pressions internationales que l'Albanie autorise le multipartisme le 11 décembre 1990, lève les interdits religieux, rend possibles les voyages à l'étranger, et établit des relations avec l'Occident.
Les relations diplomatiques avec les États-Unis reprennent en mars 1991 après une rupture de cinquante et un ans. Après avoir remporté les premières élections parlementaires libres pluralistes d'Albanie, les communistes promulguent une nouvelle charte intérimaire créant le poste de président de la République, auquel est élu Ramiz Alia par l'Assemblée populaire en avril. Le Parti communiste, rebaptisé Parti socialiste Albanais (PSA) au mois de juin, se maintient au pouvoir pendant toute l'année 1991 mais il est battu par le Parti démocratique (PDA) lors des élections parlementaires de mars 1992.
Ramiz Alia démissionne en avril 1992 et Sali Berisha devient le premier président Albanais non communiste depuis la Seconde Guerre mondiale. Un gouvernement de coalition est formé et Aleksander Meksi est nommé Premier ministre. En juillet 1992, le Parti communiste Albanais est déclaré illégal. L'année suivante, Ramiz Alia ainsi que d'autres responsables communistes sont accusés d'appropriation et de détournement des fonds de l'État, jugés et condamnés à des peines de prison.
Alors que les relations avec la Serbie continuent d'être difficiles, les tensions augmentent entre l'Albanie et la Grèce au début des années 1990, Athènes accusant Tirana de maltraiter la minorité Grecque du sud de l'Albanie. Elles s'apaisent cependant, l'Albanie mettant en sourdine ses campagnes antiGrecques et la Grèce levant son veto à l'aide européenne à l'Albanie. En mai 1992, l'Albanie signe un accord de coopération de dix ans avec la Communauté économique européenne (aujourd'hui l'Union européenne). Et, en juin 1995, elle devient membre du Conseil de l'Europe. Les élections législatives de mai-juin 1996 sont remportées par le Parti démocratique du président Berisha, qui recueille 67,8 % des voix et les deux tiers des sièges du Parlement. Cette victoire est contestée par les partis de l'opposition qui dénoncent les nombreuses irrégularités observées au cours du scrutin.

L'insurrection de 1997 :
En février 1997, un scandale financier, provoqué par la faillite de sociétés d'épargne à caractère spéculatif, déclenche une violente manifestation dans les rues de Tirana. Le climat insurrectionnel s'amplifie rapidement dans tout le sud du pays, en proie à la violence et à l'anarchie. Après avoir affirmé son intention d'utiliser la force pour mater la rébellion, le président Berisha tente d'apaiser les tensions en annonçant la constitution d'un gouvernement de réconciliation nationale, dirigé par Bashkim Fino, un des leaders de l'opposition socialiste. La violence et le banditisme connaissent une nouvelle recrudescence. Le 29 mars 1997, alors que la crise Albanaise a déjà fait plus de 200 morts et provoqué une émigration massive de la population vers l'Italie, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise l'envoi en Albanie d'une force armée multinationale de 2500 hommes, chargée d'assurer la sécurité des ports du sud et l'acheminement de l'aide humanitaire. Les premiers contingents de l'opération «Alba», sous commandement Italien, débarquent en Albanie le 15 avril 1997.
Lors des élections législatives anticipées qui se déroulent en juin 1997, la coalition d'opposition constituée autour du Parti socialiste (PSA) remporte la majorité des deux tiers au Parlement. Cette victoire entraîne peu après la démission de Berisha, auquel succède en juillet le socialiste modéré, Rexhep Mejdani, et la nomination au poste de Premier ministre du dirigeant du PSA, Fatos Nano.

Le fragile redressement du pays :
Le gouvernement s'attache à désarmer progressivement la population tout en reprenant en main l'armée, la police et le Shik (services secrets Albanais), ce qui permet d'éviter une recrudescence de la violence après le départ de la Force multinationale de protection en août 1997.
Le Premier ministre Fatos Nano fait adopter un plan économique d'urgence prévoyant une austérité budgétaire et financière. Mais la tension reprend entre partisans de Sali Berisha et forces de l'ordre, après l'assassinat, le 12 septembre 1998, d'Azem Adjari, chef de file de l'opposition et cofondateur du Parti démocratique (PDA). Fatos Nano doit démissionner le 28 septembre après avoir échoué dans sa tentative de remanier le gouvernement. Il est remplacé par Pandeli Majko, chef du groupe socialiste au Parlement. La nouvelle Constitution est adoptée par référendum avec plus de 90 % de votes favorables, mais une faible participation, le 22 novembre 1998.
Début 1999, le conflit du Kosovo touche directement l'Albanie qui doit accueillir quelque 320000 réfugiés chassés du Kosovo. Le pays sert aussi de base à l'OTAN qui y déploie 8 000 soldats, ce qui redonne confiance au gouvernement quant à sa sécurité menacée par les actions de la Yougoslavie. En octobre 1999, le Premier ministre Pandeli Majko présente sa démission au président Rexhep Mejdani à la suite de dissensions au sein du parti socialiste. Il est remplacé par Ilir Meta.
Un certain apaisement de la vie politique se manifeste alors, qui favorise une timide embellie économique. Sur le plan extérieur, l'Albanie, qui mise sur ses alliés occidentaux, apparaît comme un acteur indispensable dans la stabilisation de la région. En effet, Tirana possède une influence certaine sur les mouvements indépendantistes Albanais qui, depuis le Kosovo, se sont développés dans le sud de la Serbie et dans le nord de la Macédoine. En janvier 2001, l'Albanie rétablit ses relations diplomatiques avec la Yougoslavie, rompues en 1999 au moment de la guerre du Kosovo.
À l'issue des élections législatives de juin 2001, Ilir Meta est reconduit dans ses fonctions. Sur les 140 sièges à pourvoir, le Parti socialiste Albanais (PSA) en remporte 73 tandis que l'Union pour la victoire (une alliance des partis d'opposition dirigée par l'ancien président Sali Berisha) en obtient 46 mais, contestant la validité du scrutin, elle refuse de siéger au Parlement jusqu'en février 2002. Les accusations de corruption portées par Fatos Nano, le président du Parti socialiste, à l'encontre du gouvernement d'Ilir Meta — issu du même parti que lui — conduisent à la démission de quatre ministres et du Premier ministre en janvier 2002, remplacé par Pandeli Majko. La gestion de la crise énergétique par le gouvernement est notamment mise en cause, les coupures d'électricité atteignant dix heures par jour au cours de l'hiver.
En juin 2002, Alfred Moisiu est élu à la présidence de l'Albanie par le Parlement. Ancien ministre de la Défense sous Enver Hoxha, et vice-ministre de la Défense sous Sali Berisha, il succède au socialiste Rexhep Mejdani pour un mandat de cinq ans.
Candidat de consensus pour tenter de mettre un terme à la crise politique qui voit s'affronter le PSA et le PDA, il est élu à l'unanimité par le Parti socialiste au pouvoir et par l'opposition. Au mois de juillet, il charge Fatos Nano, le leader du Parti socialiste, de former un nouveau gouvernement.


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Les Ecritures : L'écriture Alvano : Généralités

Les Langues : Langue Grecque : Généralités

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