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Le peuple Étrusque

Selon Hérodote, les Étrusques étaient originaires de Lydie, qu'ils auraient quitté pour fuir la famine. Si cette opinion était majoritaire dans l'Antiquité, selon d'autres, comme Denys d'Halicarnasse, les Étrusques étaient une population autochtone et s'appelaient eux-mêmes Rasenna. On appelle civilisation proto-Villanovienne, puis Villanovienne, la civilisation qui se développe dès le XIIème siècles et identifiée pour la première fois autour du site de Villanova près de Bologne. Cette civilisation nous est connue par ses cimetières et nécropoles où l'on a mis à jour des objets usuels (épingles, fibules, rasoirs, instruments de filage) et quelques céramiques.
La civilisation Étrusque s'est rapidement ouverte vers l'extérieur : de riches objets d'importation retrouvés dans les tombes témoignent du développement du commerce maritime. Au contact des autres peuples, notamment des Grecs, les Étrusques amélioreront leurs techniques militaires, en copiant l'armement et la manœuvre des Hoplites, ce qui assurera à l'Étrurie une certaine hégémonie sur les autres peuples Italiotes. Rome sera dirigée de 615 à 509 selon la tradition par une dynastie Étrusque composée des deux Tarquins avant qu'elle même ne conquière l'Étrurie en 265 avant JC. L'Étrurie s'étendait sur un territoire correspondant à l'Italie centrale, délimitée au nord par le fleuve Arno, à l'est et au sud par le Tibre, et à l'ouest par la mer Tyrrhénienne. Les Étrusques ont étendu leur domination vers le nord à une partie de la plaine du Pô, autour de la cité de Felsina, la future Bologne, et aussi vers le sud, au début du VIème siècle, ils fondent en Campanie Capoue et Nola. En somme, presque toute l'Italie était sous l'autorité des Étrusques, comme l'écrivait Caton l'Ancien.
Il ne s'agissait pas pour autant d'un empire à la manière de Rome. L'Étrurie était une confédération de douze cités, avec chacune une ville et son territoire. Chaque cité était dirigée collégialement et annuellement par deux magistrats, organisation que l'on retrouvera à Rome.
Mais aucun auteur antique ne nous a fourni la liste des villes composant cette confédération. Aux VIIème-VIème siècles, Véies, Caere, Tarquinia, Vulci, Volsinies (Orvieto), Chiusi, Vetulonia, Volterra, Pérouse, Cortone, Arezzo et Fiésole devaient figurer dans la dodécapole.
C'était une confédération aux objectifs politiques bien flous. Elle trouvait surtout son unité dans les cérémonies religieuses et les festivals qui les accompagnaient. En 535, les Étrusques alliés aux Carthaginois parviennent à repousser les Grecs de Phocée à la bataille d'Alalia. Mais moins de soixante plus tard, les deux alliés sont vaincus par les Grecs de Syracuse respectivement au large de Cumes et à la bataille d'Himère. Puis la chute de Capoue entraîne la perte de la Campanie. Les cités de la plaine du Pô conserveront momentanément un certain éclat mais elles seront incapables de freiner l'expansionnisme Romain.

L'économie Étrusque :
Le développement de la société Étrusque repose surtout sur des ressources naturelles exceptionnelles, des techniques raffinées et des contacts avec d'autres peuples culturellement plus avancés comme les Grecs et les Phéniciens.
La fertilité agricole de l'Étrurie lui permit à plusieurs reprises de venir au secours de Rome menacée par la famine. Quant au vin, il était exporté vers le sud de la France par navires entiers. L'essor de l'agriculture s'accompagna d'une mise en valeur du territoire par la réalisation de travaux d'irrigation. L'abondance des forêts constituait la matière première indispensable à la construction maritime mais aussi à l'exploitation minière. Les métaux étaient présents partout en Étrurie : au nord-ouest de Rome, dans les monts de la Tolfa, près des rives de la mer Tyrrhénienne et surtout sur l'île d'Elbe. Il existait une véritable Étrurie du fer autour de Populonia et de l'île d'Elbe.
Les échanges avec les cités de Grande Grèce étaient incessants. Grecs et Phéniciens venaient chercher en Étrurie du minerai de fer qu'ils échangeaient contre de la céramique ou de l'orfèvrerie. Installés en Étrurie dès la fin du VIIème siècle, les artisans Grecs contribuèrent à la transmission de techniques artisanales dans de nombreux domaines dont celui de la céramique. Les bénéfices de ce commerce assureront une certaine prospérité économique elle-même source du développement d'un riche art de vivre.
Les Étrusques n'étaient pas seulement d'excellents agriculteurs et d'habiles métallurgistes, c'étaient aussi des marchands et des navigateurs. Les auteurs anciens, et surtout les Grecs, parlaient volontiers de la thalassocratie Étrusque. Tite-Live voyait dans le nom des deux mers qui bordent la péninsule la meilleure illustration de la domination Étrusque dans l'Italie pré-Romaine : à l'ouest, la mer Tyrrhénienne, autrement dit Étrusque en Grec, et à l'est l'Adriatique qui tire son nom d'Adria ou Atria, port fondé par les Étrusques lors de leur poussée vers le nord et la plaine padane.
Plusieurs textes révèlent la présence insistante de navires Étrusques au large de diverses côtes dont un récit d'Hérodote décrivant une furieuse bataille navale qui aurait opposé vers 540 avant JC les Étrusques de Caere et leurs alliés Carthaginois aux Phocéens qui avaient fondé Marseille quelques décennies auparavant.
Mais les Grecs n'hésitaient surtout pas à donner aux Étrusques une réputation de pirates, accusation qui reflète d'abord le dépit des Hellènes devant les succès commerciaux de leurs rivaux. Ces succès se traduisent par exemple par la présence de nombreux vases de bucchero dans les tombes de Carthage dès le VIIème siècle ; ou encore, pour la même période, par la découverte de milliers d'amphores Étrusques sur les côtes de la Gaule.

La société Étrusque :
Dès l'époque Villanovienne, il existe déjà une certaine hiérarchie sociale : certaines sépultures contenaient des armes en bronze et de la vaisselle métallique. L'aristocratie possédait la terre et les mines et devaient vivre plutôt à la campagne. Les commerçants et artisans vivaient dans les villes. Entre les deux, une population esclave ou de statut libre mais étroitement contrôlée par l'aristocratie assurait les travaux pénibles.
Politiquement, la société Étrusque passa elle aussi de la monarchie à une forme de république, organisée sous la forme d'une confédération de cités. En fait, le pouvoir était aux mains de l'aristocratie qui contrôlait les magistratures civiles et les responsabilités religieuses. Cette domination sera source de conflits politiques où la plèbe cherchera à renverser le régime pour instaurer une tyrannie populaire comme à Véies en 396 avant JC.
Les Grecs furent particulièrement choqués par la liberté dont jouissait la femme Étrusque. Chez les Étrusques, il semble bien que la femme bénéficiait d'une égalité de traitement avec les hommes. Le nom d'un individu faisait d'ailleurs référence au nom de sa mère. Sur les représentations, notamment les scènes de banquet, on peut aussi remarquer que la femme était placée sur le même plan que l'homme.
Les conflits récurrents de la société Étrusque contribueront à l'affaiblissement interne de l'Étrurie et faciliteront la conquête Romaine. Lors des révoltes populaires, les aristocrates Étrusques n'hésitaient pas à se réfugier à Rome où à appeler Rome à leur secours. L'aristocratie Étrusque a facilité la conquête Romaine par ces accords politiques, parfois renforcés par des mariages entre les deux aristocraties. À la période impériale, il était de bon ton dans les grandes familles Romaines de mettre en avant ses origines Étrusques. Rome lui devra quelques rois, l'architecture des temples mais surtout son organisation urbaine. Sur de nombreux points, les institutions Romaines ou l'organisation de la légion s'inspireront du modèle Étrusque.

La religion Étrusque :
La religion était le seul facteur d'unité des cités Étrusques. Chaque année des délégués des cités se réunissaient pour le Fanum Voltumnae au sanctuaire de Voltumne, consacré probablement à Tinia (Jupiter), pour une foire, des cérémonies et des jeux. L'emplacement de ce sanctuaire n'a pas encore été localisé.
Les auteurs antiques considéraient les Étrusques comme le plus religieux des peuples. La religion Étrusque comportait des traits originaux. C'était une religion du livre : les révélations des dieux étaient consignées dans des livres sacrés. L'ensemble de ces livres forme l'Etrusca disciplina dont l'un des points essentiels est l'art de la divination. On sait que les Étrusques transmirent aux Romains leurs techniques des haruspices et auspices.
Sous l'influence des Grecs, les Étrusques donnèrent figure humaine à leurs dieux et les noms Étrusques révèlent les influences étrangères, ainsi d'Aplu pour Apollon ou de Menerva pour Minerve.

Les Arts Étrusques :
À partir de modèles Grecs, les Étrusques ont développé leur propre style tant au niveau de la céramique, de l'art du bronze que de l'orfèvrerie. Dans le domaine de la céramique, les Étrusques ont créé au VIIème siècle avant JC. une céramique noire et brillante, imitant les reflets de l'argenterie, appelée le bucchero. La maîtrise de l'art du bronze se traduit dans la réalisation de miroirs délicats et de grandes statues.
La peinture Étrusque apparaît au VIème siècle avant JC. Elle nous est bien connue grâce aux fresques retrouvées dans les tombes de Tarquinia, Chiusi ou Orveto. Danses, banquets, jeux équestres et sports constituent les motifs les plus fréquents des fresques des années 550-540. Plus tard apparaîtront les thèmes tirés de l'au-delà. La technique employée est assez rudimentaire mais les couleurs, le mouvement et l'impression de vie qu'elles dégagent sont remarquables.


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Les Hommes/Peuples : Le peuple Eques, Le peuple Lucanien, Le peuple Lukkas, Le peuple Pélasge, Le peuple Phocéen, Le peuple Romain, Le peuple Samnite, Le peuple Sénon, Le peuple Villanovien, Midas, Peuples de la mer (Peuple)


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