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Le peuple Turc

Peuple arrivé en Turquie vers 1000 au travers des Turcs Seldjoukides qui triomphent de l'empire Byzantin à la bataille de Manzikert (1071).

En 1280, le peuple Turc fut dominé par les Ottomans, jusqu'en 1923.

D'Atatürk au coup d'État militaire de 1960 :
Dirigée par Atatürk pendant quinze ans, la République Turque est fondée sur six principes de base inscrits dans le texte de la Constitution : républicanisme (s'appuyant sur le principe de la souveraineté du peuple) ; nationalisme Turc (mettant en exergue les gloires passées de la Turquie et la nécessité pour le peuple Turc de construire son propre État selon des principes modernes et sans intervention étrangère) ; populisme (idée selon laquelle le peuple gouverne par l'intermédiaire de la Grande Assemblée nationale, toutes les catégories sociales étant représentées) ; laïcité (imposant une séparation complète entre l'autorité religieuse musulmane et l'État) ; étatisme (qui implique une intervention de l'État dans certains secteurs de l'économie et un contrôle plus souple sur les autres pour garantir une croissance économique rapide), et enfin révolutionnarisme (imposant que tous ces changements soient appliqués immédiatement et complètement afin que la société Turque puisse se développer le plus vite possible). Les années Atatürk sont des années de progrès économique et de développement général considérables. Kemal, en revanche, réprime sévèrement les révoltes Kurdes. En politique étrangère, il mène une action pacifique. La Turquie tisse ainsi des liens avec ses anciens territoires des Balkans mais, insistant sur la laïcité, évite de conclure des alliances avec ses voisins musulmans.
Atatürk est remplacé comme président par l'un de ses proches collaborateurs, Ismet Inönü qui poursuit sa politique intérieure. Ayant en mémoire la terrible expérience de la Première Guerre mondiale, Inönü déclare la neutralité de la Turquie pendant pratiquement toute la Seconde Guerre mondiale. C'est seulement en février 1945 que la Turquie déclare la guerre à l'Allemagne et au Japon. Après la guerre, l'Union soviétique tente de faire entrer la Turquie dans sa sphère d'influence, exigeant de prendre le contrôle des provinces de l'Est et des détroits. Refusant l'ingérence soviétique, la Turquie obtient le soutien du président des États-Unis, Truman, qui lui propose de devenir membre d'une alliance militaire et économique très étroite. En 1952, elle entre dans l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). À la même époque, Inönü démocratise le régime et autorise la formation de partis d'opposition. Cela conduit, en 1950, au triomphe du Parti démocrate, qui préconise un essor de l'entreprise privée et individuelle. Conduit par le président Celâl Bayar, par le Premier ministre Adnan Menderes et par le ministre des Affaires étrangères Fuat Köprülü, le Parti démocrate contrôle le gouvernement pendant dix ans (1950-1960). Le pouvoir devient dictatorial et le retour à l'islam est encouragé. Parallèlement, l'économie Turque connaît une croissance rapide grâce au nouveau libéralisme économique et grâce à l'aide étrangère, principalement celle des États-Unis. Cependant, la forte croissance économique et la mauvaise gestion entraînent rapidement des tensions économiques et sociales. Le mécontentement politique grandit, exprimé par le Parti républicain du peuple, que le Parti démocrate commence à réprimer. En 1960, dans un contexte de crise financière, un coup d'État militaire renverse le gouvernement. Menderes et certains de ses associés, accusés de corruption, sont pendus en 1961. Cette même année est mise en place une nouvelle Constitution fondée sur des principes économiques et sociaux modernes, contenant des clauses interdisant le type de répression que les démocrates ont utilisé par le passé.

De la Constitution de 1961 au coup d'État militaire de 1980 :
Après l'adoption de la seconde Constitution en 1961, la Turquie est dirigée par une succession de gouvernements de plus en plus faibles. Les problèmes essentiels ne sont pas résolus. En 1970, de graves troubles éclatent dans les centres industriels, suivis d'un mouvement de contestation étudiant et lycéen. L'armée intervient pour mettre fin aux émeutes et aux violences en 1971. Elle impose un gouvernement dirigé par Nihat Erim qui doit démissionner en 1972. Les élections législatives de 1973 portent au pouvoir Bülent Ecevit, chef du Parti républicain du Peuple, aux idées sociales-démocrates, dont le gouvernement tombe en 1974. Les gouvernements suivants sont formés à partir de coalitions instables. Les dispositions de la Constitution de 1961 prévoient une représentation proportionnelle qui empêche tout parti d'obtenir une majorité nette, nécessaire au vote de lois effectives. Les coalitions sont dirigées tantôt par Ecevit, tantôt par Süleyman Demirel qui représente plus ou moins les anciennes traditions d'Atatürk. Les gouvernements se montrent incapables de mettre fin aux affrontements entre l'extrême gauche et l'extrême droite, ainsi qu'au terrorisme.
Lors de cette crise gouvernementale, la Turquie reste fidèle à son alliance avec l'Ouest, mettant des bases militaires à la disposition de l'OTAN et des forces Américaines pour faire face à l'URSS. Cette alliance est soumise à des tensions considérables en 1974, date à laquelle la Turquie occupe le tiers septentrional de Chypre pour riposter contre un coup d'État fomenté par les Grecs qui font de l'île une république indépendante. À la suite de cette occupation, les États-Unis suspendent leur aide militaire et économique, et la Turquie riposte en fermant temporairement toutes les bases Américaines du pays. Les troupes Turques se maintiennent dans le nord de Chypre et la Turquie continue de prôner la création d'un gouvernement Turco-chypriote séparé, défiant ainsi les États-Unis et les Nations unies. Les gouvernements européens des années 1990 entament des négociations à la fois avec la Grèce et avec la Turquie, afin d'inclure l'île divisée de Chypre au sein de l'Union européenne. Le Congrès Américain rétablit l'aide au pays, ce qui encourage les Turcs à rouvrir les bases militaires, mais l'incident crée une suspicion à l'encontre de la présence Américaine, encouragée et amplifiée par les groupes de gauche et mêlée de propagande communiste. Les groupes islamistes commencent également à s'opposer à la présence Américaine ; ils préféreraient que la Turquie abandonne ses traditions laïques s'agissant de politique étrangère et qu'elle se rapproche des pays arabes musulmans qui profitent de leur nouvelle richesse liée au pétrole et du pouvoir politique que celle-ci a engendré.
Le gouvernement de Süleyman Demirel (1979-1980) décide de conserver l'alliance étroite de la Turquie avec l'Ouest dans l'espoir de développer le secteur privé de l'économie grâce à l'aide étrangère. Le Parti républicain du peuple réagit en prônant un contrôle socialiste des moyens de production de base et l'établissement de nouvelles alliances avec le tiers-monde et le bloc communiste. Les extrémistes de gauche comme de droite s'engagent dans un processus de violence.
Ainsi, le 12 septembre 1980, l'armée prend le pouvoir et suspend la Constitution. Les nouveaux dirigeants imposent la loi martiale, interdisent toute activité politique, censurent la presse et emprisonnent des milliers de gens soupçonnés de terrorisme. L'armée gouverne par l'intermédiaire du Conseil national de sécurité ; le chef du Conseil, le général Kenan Evren, devient chef de l'État et l'amiral Bülent Ulusu, Premier ministre.

De la Constitution de 1982 à la fin de la présidence de Demirel :
Un grand pas en direction d'un gouvernement civil est fait en 1982, lorsqu'une nouvelle Constitution est votée, faisant d'Evren le président de la République. Les élections législatives de novembre 1983 voient la victoire inattendue du parti de la Mère Patrie (l'armée a donné son soutien à un groupe beaucoup plus à droite), et son leader, Turgut Özal, devient Premier ministre. En 1989, Özal est choisi comme président. Il doit, après l'échec de son parti aux élections législatives de 1991, confier le pouvoir à une coalition du parti de la Juste Voie de Süleyman Demirel, nommé Premier ministre, et du Parti populiste social-démocrate d'Erdal Inönü. Demirel, après la mort d'Özal en 1993, devient à son tour président de la République. Il confie le poste de Premier ministre à une économiste, Tansu Ciller, qui prend la tête du parti de la Juste Voie (DYP).
Confrontée à la crise économique, à la corruption et aux désaccords croissants au sommet de l'État, le Premier ministre Tansu Ciller est remplacée, à l'issue des élections législatives anticipées de décembre 1995, par Necmettin Erbakan du parti de la Prospérité (RP), parti islamiste. Il forme, avec le DYP, un gouvernement de coalition à tendance religieuse, pour la première fois dans l'histoire du pays. Partagé entre sa volonté de s'ouvrir au monde musulman et celle de respecter les accords militaires passés avec Israël, et malgré une gestion de centre droit et une politique mesurée en matière religieuse, Erbakan se heurte rapidement à l'hostilité des tenants de la laïcité, et en particulier de l'armée. Par l'entremise du Conseil national de sécurité (MGK, organe décisionnel, composé de militaires et de civils) leur permettant de conserver un contrôle sur l'État, les militaires engagent une épreuve de force avec Erbakan, lui imposant l'adoption d'un certain nombre de mesures dirigées contre les islamistes.
Sous la pression de l'armée et craignant un possible coup d'État, Erbakan démissionne en juin 1997 et Mezut Yilmaz, chef du parti de la Mère Patrie (ANAP), formation conservatrice de centre droit, le remplace à la tête d'une coalition comprenant également le parti de la Gauche démocratique (DSP) et le Parti démocratique de Turquie (DTP). L'offensive contre les islamistes se poursuit en 1998, avec la décision de la Cour constitutionnelle de dissoudre le parti de la Prospérité (remplacé par le parti de la Vertu, Fazilet), tandis que la Cour de sûreté de l'État engage des poursuites contre plusieurs de ses dirigeants, dont Erbakan. Privé de toute représentation officielle, le poids politique du mouvement islamiste n'en est pas moins important, d'autant plus que la situation économique est très difficile (inflation — près de 90 % par an —, déficit commercial et baisse du pouvoir d'achat — de 30 % en cinq ans).
Après la destitution par le Parlement du gouvernement de Mesut Yilmaz, à l'issue du vote d'une motion de censure pour abus de pouvoir et liens occultes avec les milieux mafieux, Bülent Ecevit, chef du parti de la Gauche démocratique (DSP) forme un nouveau gouvernement en janvier 1999. Il est composé de membres de son parti, avec le soutien au Parlement de l'ANAP et du DYP. Au lendemain des élections législatives d'avril 1999, marquées par un vote ultra nationaliste, Bülent Ecevit est confirmé dans ses fonctions à la tête d'un gouvernement de coalition rassemblant son parti, l'ANAP et l'extrême droite nationaliste du Parti de l'Action nationaliste (MHP), conduit par Devlet Bahçeli, qui obtient le poste de vice-Premier ministre.
En mai 2000, Ahmed Necdet Sezer est élu président de la République en remplacement de Süleyman Demirel, auquel le Parlement a refusé d'accorder un second mandat. Partisan d'une plus grande liberté d'expression et favorable aux réformes, le nouveau président semble être celui de l'ouverture, tout en offrant de solides garanties aux militaires. Il déclare cependant la Constitution de 1982 illégale, car issue d'un coup d'État militaire.
L'année 1999 est également marquée par une série de catastrophes naturelles, de violents séismes dévastant une partie du pays. Le plus meurtrier a lieu en août, dans la région d'Izmit, au nord-ouest : 15000 morts, des dizaines de milliers de victimes sous les décombres, de blessés et de sans-abri. En novembre, c'est la région de Duzce qui est touchée.


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