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La lithographie


Lithographie du XIXème siècle représentant un atelier de lithographie et de taille-douce
L'historique

La lithographie doit son nom au fait qu'elle fut au début l'art d'imprimer à l'aide d'un sujet dessiné sur pierre (du Grec lithos, pierre et graphein, écrire).
Elle fut inventée par Aloys Senefelder (1771-1834) à Munich en 1796. Sur le principe même et sur toute une série de possibilités offertes, il rédigera en 1818 un traîté contenant l'historique ainsi que les procédés techniques sur pierre mais aussi sur zinc. Le conte de Lasteyrie, qui s'était initié dans l'atelier même de Senefelder, ouvrit une imprimerie lithographique en 1816 à Paris.
Elle connut deux procédés proches avant : la gravure en relief sur bois, et la gravure en creux sur métal (voir ci-dessous), pratiquée au XVème et XVIème siècles.
En 1801, son associé, Antoine André, importe la lithographie à Londres, puis le frère de celui-ci obtient un brevet d'importation pour la France l'année suivante.
En 1818, A. Senefelder fonde un atelier à Paris.
Plusieurs artistes se révèleront au travers de cette technique comme : Goya (1819, puis les « Taureaux de Bordeaux » en 1825), Richard Parkes Bonington (1824), H. Daumier (1830), Gericault, Delacroix, Steinlen...
Puis vint le temps de l'affiche créée par ce procédé sous la main de Jules Chéret et Toulouse-Lautrec (1892).
La plupart d'entre-eux imprimaient leurs épreuves chez Joseph Lemercier qui avait ouvert la plus importante imprimerie litho de Paris en 1828.
En 1830, la capitale comportait 20 ateliers lithographiques employant 450 ouvriers. C'est en 1837, grâce à l'invention par Engelmann du cadre de repérage, que l'on put réaliser les premières impressions en couleur.
Vers 1870, le gouvernement déclara libre la profession d'imprimeur et c'est alors que l'on vit se répandre les machines semi-automatiques à cylindre construites par H. Voirin, Marinoni, Brisset et qui supplantèrent les presses à bras vouées aux essais et aux reports.
Dès lors, la lithographie s'industrialisait jusqu'au début du XXème siècle, donnant naissance à l'offset que nous connaissons aujourd'hui.
Les artistes des avant-gardes Russes du début du siècle ont beaucoup utilisé cette technique afin de produire des images et des livres qui étaient un excellent moyen de diffusion de l'art et des idées.
Paris fut pendant ce siècle une des places privilégiées de la lithographie grâce à de célèbres ateliers comme celui de Fernand Mourlot et aux artistes qui les fréquentaient. On peut citer Braque, Picasso, Chagall, Dali, Dubuffet, etc.

Dans les années 1900, la lithographie devient une véritable industrie à travers son utilisation dans la presse, les affiches publicitaires, les étiquettes commerciales, le textile.
Principal lieu d'extraction les carrières de Bavière de la pierre lithographique voit leur activité cesser dans les années 1940.


H. Daumier, Le Charivari
(Musée de la Lithographie)


Toulouse-Lautrec,
Antoine dans l'inquiétude, 1893


Le Lithographe ou Le Bon Graveur (Adolphe Albert)
Henri de TOULOUSE-LAUTREC, 1898


La technique

La pierre lithographique est d'origine naturelle et très perméable à l'eau. C'est un calcaire d'un grain très fin, qui se ponce facilement et donne une surface plane, lisse ou légèrement grainée selon les besoins. L'artiste y exécute son œuvre à l'envers avec un crayon gras ou de l'encre lithographique qui peut s'appliquer à la plume ou au pinceau.

Sur le dessin terminé, on dépose une solution d'acide nitrique et de gomme arabique pour le fixer. Ce procédé, appelé « morsure de la pierre », produit une séparation de nature chimique entre les régions à imprimer (dessinées) et les autres (non dessinées). Les traces grasses, laissées par le crayon ou l'encre lithographiques, pénètrent dans les pores de la pierre ; les autres régions repoussent les corps gras. La pierre est ensuite lavée à l'eau, qui ne mouille que les parties non dessinées. Puis elle est encrée au rouleau, et c'est sur le support gras que se dépose l'encre refusée par la surface humide.

Après encrage, la pierre est couchée sur le chariot de la presse et recouverte d'une feuille de papier humecté ; le chariot de la presse sur laquelle elle est posée passe sous un rateau fortement serré. Le dessin se reporte à l'endroit.

La chromolithographie s'obtient par le même procédé, en préparant une pierre par couleur

Pour les tirages limités, la pierre est poncée à la fin du travail. Ces lithographies sont ensuite numérotées, signées et accompagnées d'un certificat d'authenticité. Les épreuves d'artistes sont en principe des exemplaires hors commerce réservés à l'artiste pour sa collection personnelle.

Il existe aussi d'autres supports (moins lourds) pour exécuter cette technique. Par exemple, on pourra utiliser le zinc (zincographie) ou d'aluminium (algraphie).


Chevaux de selle et d'attelage :
Le pansage (N° 8)
Alfred de DREUX (1810 - 1860)


Logo de la date de modification 06/06/2021 Logo du nombre de vues 2 158 vues

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Cet élément est cité dans les 6 articles suivants :

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Le Glossaire : Lithographie, Typographie


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