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Langue Américaine

Anglais parlé aux États-Unis. Ce n'est pas tant par ses particularismes que par sa configuration générale qu'il diffère de l'Anglais tel qu'il est pratiqué dans le reste du monde. Les différents dialectes qui composent l'Anglais Américain partagent en effet assez de caractéristiques communes pour que l'on puisse distinguer la langue dans son ensemble de l'Anglais Britannique ou, par exemple, de l'Anglais Australien.
On peut assez facilement discerner les différences de prononciation et de rythme qui opposent l'Anglais Américain aux autres variétés d'Anglais. À l'écrit, en revanche, malgré des nuances lexicales, orthographiques et syntaxiques, et en dehors de tout contexte, il est souvent difficile de déterminer si un ouvrage a été rédigé en Angleterre, aux États-Unis ou dans une autre partie du monde Anglophone.
Le lexicographe Américain Noah Webster fut l'un des premiers à admettre l'éloignement croissant entre les usages Américain et Britannique. Dans son American Dictionary of the English Language (1828), il soulignait cette divergence en incluant de nombreux néologismes Américains, des significations locales nouvelles attachées à des mots anciens, des changements de prononciation et un ensemble de réformes de l'orthographe qu'il avait mises au point (-er à la place de la terminaison Britannique -re, -or pour remplacer -our, check plutôt que cheque).

Structures de l'Anglais Américain :
À la fin du siècle dernier, l'étude de l'Anglais Américain consistait essentiellement à identifier les américanismes et à rechercher l'étymologie de ces apports lexicaux : les mots empruntés aux langues Amérindiennes, comme mugwump («non-inscrit, indépendant»), caucus («comité électoral») ; ceux conservés en Américain après avoir été abandonnés en Grande-Bretagne (bug, «insecte [en général]», plutôt que bedbug «punaise de lit», en Grande-Bretagne) ; ou encore ceux ayant acquis une nouvelle signification dans le Nouveau Monde (corn, «maïs» plutôt que «grain [en général]», le maïs étant lui-même appelé en Anglais Britannique maize). On insistait alors sur les divergences entre de nombreux termes Américains, comme elevator, truck, hood, windshield, garbage collector, drugstore («ascenseur, camion, toit, pare-brise, éboueur, pharmacie») et leurs équivalents Britanniques, respectivement : lift, lorry, bonnet, windscreen, dustman, chemist's. Certes, ces différences lexicales subsistent mais, grâce à l'avènement des communications modernes, les Anglophones, en général, ont assez peu de mal à se comprendre. Ces dernières années, les linguistes ont préféré se tourner vers l'étude de la structure des variations en Anglais Américain, et vers les origines sociales et historiques de ces structures.

Dialectes régionaux :
Les recherches sur les différences régionales menées avant 1940 faisaient état de trois principaux dialectes régionaux au sein de l'Anglais Américain, dont chacun se divisait en plusieurs sous-dialectes. D'une part, le dialecte du Nord (ou de Nouvelle-Angleterre), parlé en Nouvelle-Angleterre et dans l'État de New York, dont l'un des sous-dialectes est le New-Yorkais, parlé dans la ville de New York. D'autre part, le dialecte central (ou Américain général) que l'on entend le long de la côte du New Jersey jusqu'au Delaware, avec des variantes pratiquées dans une zone limitée par la haute vallée de l'Ohio, la Virginie-Occidentale, l'est du Kentucky et du Tennessee. Enfin, le dialecte du Sud, avec ses diverses variantes, parlé du Delaware à la Caroline du Sud.

Dialectes socioculturels :
Les dialectes socioculturels divergent à la fois par le vocabulaire et par la grammaire de l'Anglais Américain standard, et sont parfois incompréhensibles aux personnes n'appartenant pas au même groupe. Le dialecte socioculturel le plus divergent de l'Anglais Américain est le Gullah, qui dérive du Créole parlé par les Noirs des basses terres de Géorgie et de Caroline du Sud jusqu'au sud-ouest du Texas. Le Gullah, qui mêle l'Anglais des XVIIème et XVIIIème siècles à des langues d'Afrique occidentale parlées à cette époque par les esclaves noirs, a donné à l'Anglais Américain des mots tels que goober («cacahuète»), gumbo («okrah») et voodoo («vaudou»). C'est le dialecte qu'a employé l'écrivain Américain DuBose Heyward dans son roman Porgy (1925). Des phrases comme Me beena shum («Je le/la voyais») sont à peine compréhensibles pour des américanophones standard.

Anglais des Noirs Américains :
Jusqu'au XIXème siècle, la plupart des Noirs parlaient un Créole comparable au Gullah ou au Créole Anglais des Antilles. L'adoption du vocabulaire et de la syntaxe Américains standards a été rapide mais pas totale. L'Anglais des Noirs des centres urbains a gardé certaines locutions caractéristiques comme He busy («Lui occupé»), au lieu de He is busy («Il est occupé»). Il a enrichi le vocabulaire Anglo-Américain de divers termes, notamment à travers le jazz, du mot même de jazz jusqu'à nitty-gritty («le fond du problème, les choses sérieuses»), uptight («fauché»), et l'américanisme le plus répandu dans le monde, O.K., que l'on suppose aujourd'hui être d'origine Afro-Américaine.

Développement de l'Anglais Américain :
Les commentateurs Britanniques du XVIIIème siècle remarquaient l'«extraordinaire uniformité» de la langue parlée dans les colonies Américaines, mis à part la langue des esclaves. En réalité, il existait d'autres sous-variétés de l'Anglais parlées par les Amérindiens et par d'autres groupes d'origine non Britannique. La raison de cette uniformité est que les premiers colons provenaient de toutes les régions d'Angleterre et que, les colons d'origines régionales différentes se trouvant brassés par les contingences de la colonisation, l'uniformisation linguistique fut très rapide.

Correction grammaticale :
Sur ce fond d'uniformité, les divergences par rapport à l'Anglais Américain standard se sont souvent heurtées au rejet des tenants de l'Anglais «correct». La correction grammaticale est l'une des contraintes les plus fortes de l'Anglais Américain standard, et l'utilisation de formes verbales non standard est particulièrement stigmatisée. Cette rigidité grammaticale et syntaxique de l'Anglais Américain standard écrit — nettement plus marquée qu'en Anglais Britannique — s'explique en partie par le fait que beaucoup d'immigrants ont appris l'Anglais comme deuxième langue, et donc selon des règles plus strictes. De même, la mobilité sociale aux États-Unis a conduit à une grande attention à l'usage «correct», considéré comme révélateur du statut social.

Divergences régionales :
Aujourd'hui, le concept d'un supposé «standard médiatique» (Network Standard), que véhiculeraient la radio et la télévision, soulève la désapprobation de certains dialectologues qui prônent la diversité et la richesse du langage. Mais les nuances régionales n'ont aucunement disparu : le son r final très particulier de l'Anglais Américain central (ou Américain général) subsiste, tandis que, dans le Sud, certaines personnes instruites ne font pas la différence entre pen et pin.

Enrichissement du vocabulaire Américain :
L'uniformité de l'Anglais parlé par les colons Britanniques jusqu'à environ 1780 fut bien vite rompue par les influences non Anglaises. D'abord, de nombreux mots Amérindiens furent repris tels quels, comme les noms permettant de décrire la flore et la faune indigènes, comme sassafras, raccoon («raton laveur»), les noms d'aliments (hominy, «maïs»), de cérémonies (powwow) et, bien entendu, les noms géographiques (Massachusetts, Susquehanna). L'Américain intégra aussi des mots composés, traduits ou adaptés des langues Amérindiennes : warpath («sentier de la guerre»), peace pipe («calumet de la paix»), bury the hatchet («enterrer la hache de guerre»), fire water («eau de feu»). Selon les époques, d'autres apports vinrent du Néerlandais, comme boss («patron»), poppycock («balivernes»), spook («revenant»), de l'Allemand, comme liverwurst (de Leberwurst, «saucisse de foie»), noodle («nouille»), semester («semestre»), du Français, comme levee («réception royale», de lever du roi), chowder («soupe de palourdes», de chaudière) ou prairie, de l'Espagnol, comme hoosegow («taule», de juzgado, «tribunal»), mesa («plateau»), ranch, tortilla, ou du finnois, comme sauna.
Le vocabulaire Anglo-Américain s'est nourri et continue de s'enrichir de termes de jargon propres à des métiers ou à des domaines d'activité ou de recherche. Les sciences sociales, le droit et les disciplines académiques, en particulier, sont accusés d'alourdir la langue d'un abondant charabia (gobbledygook). De même l'argot et certains euphémismes constituent une source permanente d'enrichissement linguistique, bien que certains termes disparaissent avant même d'avoir été admis dans le vocabulaire standard. La langue subit aussi les influences des courants dominants. Ainsi, au XIXème siècle, la pruderie ambiante commandait de draper la réalité d'un voile linguistique : une jambe (leg) était appelée «membre» (limb), on n'était pas enceinte (pregnant) mais «sur la voie familiale» (in the family way). Une logique semblable prévaut aujourd'hui, et les Américains, dans leur répugnance à admettre le monde réel, ont créé des euphémismes comme senior citizen ou golden ager (équivalents du «troisième âge») pour parler des personnes âgées, ou nursing home pour «maison de retraite» ou «hospice».


Logo de la date de modification 09/05/2021 Logo du nombre de vues 1 583 vues

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L'Américain : Ajout d'un dictionnaire en ligne pour la langue Américaine. (22/07/2007)


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