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Peuple Américain

Peuple des États-Unis d'Amérique, bordés au nord par le Canada, à l'est par l'océan Atlantique, au sud par le golfe du Mexique et le Mexique et, à l'ouest par l'océan Pacifique. République fédérale formée de cinquante États et d'un district fédéral, possédant quelques îlots dans le Pacifique (Midway, Wake), les États-Unis exercent en outre une tutelle sur certaines îles et archipels du Pacifique et des Caraïbes, dotés d'un statut d'État associé (Porto-Rico), de territoires «librement associés» (république des îles Marshall, États fédérés de Micronésie et république de Belau) ou de territoires «non incorporés» aux États-Unis (Samoa Américaines, Guam, îles Vierges).

Les États-Unis d'Amérique constituent un État jeune, né il y a à peine deux cents ans. La naissance de la nation Américaine a été précédée d'une période coloniale de plus d'un siècle.

L'époque coloniale :
- Les premières explorations du territoire :
Les premiers navigateurs Européens qui, dans le sillage de Christophe Colomb, abordent les côtes du continent nord-Américain sont les Italiens Jean Cabot et Sébastien Cabot (1497). Voyageant au service de Henry VII d'Angleterre, ils découvrent Terre-Neuve et explorent les côtes du Labrador et de la Nouvelle-Angleterre. L'Espagnol Juan Ponce de León découvre la Floride en 1513. L'Italien Jean de Verrazane (1524), voyageant pour le compte de François Ier, explore les côtes atlantiques, de la Caroline du Sud au Maine ; puis le Français Jacques Cartier (1534) découvre l'estuaire du Saint-Laurent. Tous sont à la recherche d'une route maritime septentrionale vers les Indes et la Chine.
Les premiers explorateurs Européens (Robert Cavelier de La Salle, sir Walter Raleigh, Hernando de Soto) qui pénètrent, aux XVIème et XVIIème siècles, sur le territoire Américain, rencontrent une population autochtone peu nombreuse. Estimée à quelques millions d'individus, elle est probablement venue d'Asie, par le détroit de Béring, quarante mille ans plus tôt. Le contact avec les Européens provoque chez la population Amérindienne un désastre démographique (choc microbien) et culturel (spoliation des terres, alcoolisme, destruction des cultures indigènes). Les maladies venues d'Europe (grippe, typhus, rougeole, etc.) et les guerres déciment jusqu'à 95 % d'entre eux.

- Les débuts de la colonisation européenne :
La colonisation de l'Amérique du Nord par les Européens commence dès la fin du XVIème siècle. Au cours des XVIIème et XVIIIème siècles, elle est menée essentiellement par trois pays : l'Espagne, la France et l'Angleterre. La première implantation Européenne permanente date de 1565, avec la fondation de Saint Augustine (Floride) par les Espagnols. Ceux-ci étendent leur domination sur les territoires actuels de la Floride, du Texas, de la Californie, puis sur une grande partie de l'ouest des États-Unis. Les Français commencent par s'installer au Canada (fondation de Québec par Samuel de Champlain, en 1608) puis fondent la vaste colonie de la Louisiane (début XVIIIème siècle), englobant la région des Grands Lacs et toute la vallée du Mississippi (voyages de Jacques Marquette et de Louis Jolliet en 1673 ; voyages de Robert Cavelier de La Salle, 1669-1682). Les Anglais, quant à eux, colonisent les régions de la côte atlantique, qui doivent devenir, ultérieurement, le noyau politique et culturel des États-Unis.

- La mainmise Anglaise :
La fondation de Jamestown, en Virginie, en 1607, inaugure la colonisation Anglaise. C'est une colonisation de peuplement, menée par des émigrants persécutés dans leur pays pour leurs convictions religieuses ou politiques, notamment des séparatistes Anglais, secte dissidente de l'Église anglicane. En 1620, les Pères Pèlerins, dissidents religieux adeptes du puritanisme, arrivent à bord du Mayflower dans la baie de Plymouth et fondent la colonie de Plymouth (future colonie de la baie du Massachusetts).
L'émigration puritaine continue jusqu'en 1642, entraînant la création des autres colonies de la Nouvelle-Angleterre (colonies septentrionales) : le New Hampshire (1629), Rhode Island (1644) et le Connecticut (1662). Ces colonies développent une société souvent théocratique et intolérante, reposant sur une vie spirituelle très riche (fondation de l'université Harvard, en 1636).
Situées plus au sud, les colonies méridionales, constituées de la Virginie (1607), du Maryland (1632), de la Caroline du Nord et de la Caroline du Sud (1663) ainsi que de la Géorgie (1732), développent une structure politico-religieuse et socio-économique très différente des colonies du Nord. Essentiellement agricoles, elles reposent sur une économie de plantation (tabac, coton) qui exige une main-d'œuvre abondante. Le commerce triangulaire commence dès 1620 et se poursuit durant tout le XVIIème siècle. Une société esclavagiste se constitue ainsi, au profit des seuls grands propriétaires, restés fidèles à l'anglicanisme. Les deux groupes de colonies Anglaises restent longtemps étrangers l'un à l'autre.
Dans la seconde moitié du XVIIème siècle se constituent les colonies du Centre. Suite aux explorations menées en 1609-1610 par Henry Hudson, navigateur Anglais au service de la Compagnie des Indes orientales, les Hollandais s'implantent en 1613-1614 à l'embouchure de l'Hudson (actuelle baie de New York), où ils fondent la colonie de la Nouvelle-Hollande. Sa capitale, La Nouvelle-Amsterdam (aujourd'hui New York), est fondée en 1625 par Peter Minuit, dans l'île de Manhattan. En 1655, les Hollandais annexent la colonie Suédoise du Delaware (créée en 1638). Puis, en 1664, les colonies Hollandaises d'Amérique du Nord passent sous domination Anglaise. De cette annexion naissent les colonies de New York, du New Jersey et du Delaware (1664). La Pennsylvanie est fondée un peu plus tard, en 1681, par le quaker William Penn.
Les colonies Anglaises bénéficient dès le début d'une grande autonomie vis-à-vis de la métropole. Attribuées en pleine propriété à des particuliers par charte royale (chartes de propriété), ces colonies propriétaires possèdent chacune un gouvernement et une assemblée. Il s'y institue très tôt des pratiques démocratiques. À l'exception de la Géorgie, qui fait l'objet d'une charte en 1732, toutes les colonies Anglaises d'Amérique du Nord sont fondées avant la fin du XVIIème siècle.

- La colonisation Française :
Les Français, de leur côté, délaissant les régions de la côte atlantique, pénètrent à l'intérieur du continent nord-Américain en remontant le Saint-Laurent. Depuis Québec, ils étendent leur autorité sur un immense territoire, dans les Grandes Plaines centrales, qu'ils appellent Louisiane en l'honneur de Louis XIV. Mais la rivalité coloniale Franco-Anglaise débouche rapidement, en Amérique du Nord, sur une succession de guerres. Contrairement à la colonisation Anglaise, l'immigration Française, trop limitée, ne permet pas à la France d'assurer un contrôle réel et une défense efficace de son empire colonial. Après avoir perdu l'Acadie à l'issue du traité d'Utrecht (1713), la France abandonne toutes ses possessions Américaines lors du traité de Paris (1763), qui met fin à la guerre de Sept Ans (1754-1763). La Louisiane occidentale, à l'ouest du Mississippi, est cédée, en compensation, à l'Espagne, alliée de la France (qui la récupère en 1800). La Louisiane orientale, à l'est du Mississippi, ainsi que toutes les possessions Françaises Canadiennes reviennent à la Grande-Bretagne.

- Le renforcement du pouvoir Anglais :
Dès la seconde moitié du XVIIème siècle, l'autorité royale Anglaise renforce son emprise sur ses colonies Américaines, par l'intermédiaire des gouverneurs royaux. Après l'élimination de la présence Française en Amérique du Nord, la métropole Anglaise raidit encore son attitude en réclamant à ses treize colonies une contribution financière pour amortir les dépenses de la guerre de Sept Ans. Mais les colonies Anglaises, habituées à une certaine indépendance (assemblées politiques élues, vote des budgets), refusent les charges fiscales imposées par Londres. Le Stamp Act de 1765 suscite une vive indignation parmi les colons Américains et provoque des émeutes (Virginie, New York, Massachusetts). Des sociétés secrètes de patriotes (les Fils de la liberté) se constituent. Le mouvement de protestation colonial culmine, en octobre 1765, lors du congrès contre le Stamp Act. Cette loi est finalement révoquée par le Parlement en 1766.
Désireuse d'établir un commerce reposant sur le principe de l'exclusif colonial, la métropole tente, en 1767, d'imposer à ses colonies les lois Townshend qui taxent lourdement les importations, notamment celles du thé.
La résistance coloniale est à nouveau très vive. Elle prend la forme d'un boycottage des produits Anglais par les colons. La réaction énergique des Britanniques (massacre de Boston, 5 mars 1770) marque la rupture définitive entre la Grande-Bretagne et ses colonies. Les taxes Townshend sont annulées. En 1773, le monopole de la vente du thé en Amérique est accordé par le Parlement britannique à la Compagnie Anglaise des Indes orientales. Cette décision déclenche une nouvelle crise. Les cargaisons de thé des navires de la Compagnie des Indes sont détruites par les habitants de Boston, alors le grand port de la Nouvelle-Angleterre (Tea Party de Boston, 16 décembre 1773). Par mesure de rétorsion, le Parlement britannique vote les lois «intolérables» («Intolerable Acts», 1774) à l'encontre du Massachusetts (fermeture du port de Boston, suppression des libertés du Massachusetts).
L'unité des treize colonies Américaines se réalise dans leur opposition commune à la politique du gouvernement britannique : en septembre 1774, sur l'initiative de Benjamin Franklin, elles se réunissent à Philadelphie en un premier Congrès continental (5 septembre-26 octobre 1774).

La révolution Américaine et la naissance d'une nation :
- La guerre de l'Indépendance :
La fusillade de Lexington (19 avril 1775) contre des patriotes précipite la rébellion. Lors du second Congrès continental, qui se tient à Philadelphie à partir du 10 mai 1775, les colonies Américaines affirment leur volonté commune de résister à l'agression britannique par des moyens militaires. Le Congrès décide d'assumer le pouvoir exécutif sur les colonies et de créer une armée continentale, dont George Washington reçoit le commandement.
La guerre de l'Indépendance Américaine (1776-1783) entre les Britanniques et les treize colonies insurgées (Massachusetts, New Hampshire, Connecticut, Rhode Island, New York, New Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Sud, Caroline du Nord et Géorgie) débute le 17 juin 1775, avec la bataille de Bunker Hill. Le 4 juillet 1776, les colonies Américaines adoptent la Déclaration d'Indépendance, rédigée par Thomas Jefferson puis, le 15 novembre 1777, les Articles de la Confédération. Cependant, les colons sont loin d'être tous solidaires : les «loyalistes», fidèles à la métropole, se rangent du côté des Britanniques avant de fuir au Canada. Nombreux sont ceux qui restent neutres.
Sur le plan militaire, l'armée Américaine, essentiellement formée de volontaires, est nettement inférieure à l'armée britannique, renforcée de 20000 mercenaires Allemands. Battu à la bataille de Long Island, en août 1776, George Washington est contraint d'abandonner New York aux Britanniques. C'est ensuite le tour de Philadelphie, un an plus tard, en septembre 1777. La première victoire Américaine est la bataille de Saratoga, le 17 octobre 1777. Celle-ci marque un tournant dans la guerre de l'Indépendance. La France voit dans l'insurrection Américaine l'occasion d'une revanche sur le Royaume-Uni. En janvier 1778, les généraux La Fayette et Rochambeau prennent le commandement d'un corps expéditionnaire Français envoyé en Amérique afin de soutenir militairement les révolutionnaires Américains. La capitulation des Britanniques à Yorktown, le 19 octobre 1781, est décisive et consacre la victoire des Américains. L'indépendance des États-Unis est officiellement reconnue par la Grande-Bretagne à l'issue des traités de Paris et de Versailles (3 septembre 1783) qui leur attribuent, en outre, la possession des territoires compris entre l'Atlantique et le Mississippi, depuis les Grands Lacs, au nord, jusqu'à la Floride espagnole.
Les relations Anglo-Américaines restent longtemps tendues, en raison de la controverse concernant l'établissement de la frontière politique avec le Canada.

- La mise en place des institutions :
La nouvelle nation Américaine se trouve rapidement dans une situation politique et économique difficile. Le gouvernement fédéral ne détient alors qu'une faible autorité. La nécessité d'établir un gouvernement central s'impose bientôt dans les esprits. Une Convention constitutionnelle se réunit sous la présidence de George Washington.
Une nouvelle Constitution des États-Unis, inspirée par James Madison, Alexander Hamilton et James Wilson, est adoptée le 17 septembre 1787. Ménageant le souci d'indépendance des treize États, elle met en place un pouvoir fédéral compétent dans les domaines du commerce extérieur, de la défense et de la politique extérieure, ainsi que dans le domaine des relations entre les États fédérés. Afin que les grands États ne dominent pas les petits, il est décidé d'une représentation égale au Sénat (deux sièges par État) et proportionnelle à la Chambre des représentants. La séparation des pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, est instituée. La nouvelle Constitution est, dès 1788, signée par onze États. La Caroline du Nord ne la ratifie qu'en novembre 1789 et Rhode Island en mai 1790. Le 4 mars 1789, le premier Congrès des États-Unis se réunit à New York. Le 30 avril, George Washington devient le premier président des États-Unis (1789-1797). En 1791 sont adoptés les dix premiers amendements de la Constitution des États-Unis.

L'essor des États-Unis jusqu'à la guerre de Sécession :
- L'organisation de la vie politique :
Deux partis politiques se développent sous la présidence de George Washington : les fédéralistes et les républicains. Les fédéralistes, représentés par George Washington et Alexander Hamilton, sont favorables au renforcement du pouvoir fédéral. Soutenus par les industriels et les milieux d'affaires du Nord, ils restent au pouvoir jusqu'en 1801, avec John Adams (1797-1801), successeur de Washington. Les présidences fédéralistes sont marquées par des troubles intérieurs (révolte du Whisky, 1794) et par une opposition violente avec les républicains (lois sur la sédition et les étrangers).
Le Parti républicain, avec Thomas Jefferson et James Madison à sa tête, hostile à toute ingérence excessive du pouvoir central, est favorable à une limitation stricte des pouvoirs fédéraux. Il reçoit le soutien des petits propriétaires terriens du Sud et de l'Ouest. Sous l'influence d'Andrew Jackson et de John C. Calhoun, il devient, à partir de 1828-1830, le Parti démocrate.
Le Parti républicain accède au pouvoir avec Thomas Jefferson (1801-1809) et s'y maintient sous les présidences de James Madison (1809-1817) et de James Monroe (1817-1825). Ce dernier, en affirmant son opposition à toute intervention Européenne dans les affaires du continent Américain (doctrine de Monroe, 1823), définit les principes de la politique étrangère des États-Unis jusqu'au XXème siècle.

- L'expansion territoriale :
Les deux partis pratiquent la même politique d'expansion territoriale et de développement économique par la colonisation progressive des terres, l'achat de territoires (Louisiane, Floride) ou l'usage de la force (Californie). Cantonnée en 1783 à la seule façade atlantique, la jeune nation se lance dans la colonisation de l'Ouest et étend rapidement son territoire, avec la formation de nouveaux États (Ohio, 1803 ; Kentucky, 1792 ; Tennessee, 1796 ; Vermont, 1791). En 1803, les États-Unis doublent leur superficie grâce à l'acquisition de la Louisiane occidentale, vendue par la France pour un montant de 15 millions de dollars. Quatorze États, dont la Louisiane (1812), l'Indiana (1816), le Mississippi (1817), l'Illinois (1818) et l'Alabama (1819), sont créés.
Les États-Unis optent pour la neutralité dans les guerres opposant Napoléon Ier à l'Angleterre. Mais l'obstination du gouvernement britannique à vouloir interdire tout commerce entre les États-Unis et la France provoque la guerre Anglo-Américaine (1812-1815), qui s'achève par le traité de Gand (1814), ratifié par le Sénat Américain le 16 février 1815. Ce conflit crée un fort sentiment nationaliste aux États-Unis et met fin à la prépondérance Européenne sur les affaires politiques Américaines. Après avoir étendu leur domination sur la Floride, cédée par l'Espagne en 1819, les États-Unis se lancent dans la conquête de l'Ouest.
Dès 1804, une expédition Américaine, dirigée par Meriwether Lewis et William Clark, remonte les affluents occidentaux du Mississippi et atteint la Columbia, qu'elle descend jusqu'à son embouchure sur la côte pacifique. Les États-Unis et la Grande-Bretagne revendiquent tous deux la possession du vaste territoire de l'Oregon (actuels Oregon, Washington et Idaho). À l'issue d'une longue polémique, le traité du 15 juin 1846 attribue finalement l'Oregon aux États-Unis et fixe définitivement la frontière avec le Canada, de l'ouest des Rocheuses jusqu'au Pacifique, sur le 49ème parallèle. Le pays s'étend désormais de l'Atlantique au Pacifique.
Dans le même temps, la colonisation progresse dans le Sud-Ouest. Fondée par des colons Américains en 1835-1836 à l'issue d'une révolte victorieuse contre le Mexique, la république du Texas est annexée par les États-Unis en 1845. Cette annexion suscite la colère du Mexique, qui n'a jamais accepté l'indépendance du Texas. Un raid Américain en territoire Mexicain, mené par le général Zachary Taylor, déclenche la guerre avec le Mexique (1846-1848). Celle-ci s'achève par la victoire des États-Unis et le traité de Guadalupe Hidalgo (2 février 1848). Le Mexique doit abandonner aux États-Unis le Texas, la Californie et les territoires de l'Utah, du Nevada, de l'Arizona et du Nouveau-Mexique. La frontière entre le Texas et le Mexique est établie sur le Rio Grande.
En 1853, l'achat au Mexique d'une bande de territoire, au sud de l'Arizona, fixe définitivement la frontière Américano-Mexicaine (convention de Gadsden). Cette acquisition met fin à l'expansion des États-Unis vers l'ouest. Composé désormais de 31 États, le pays a triplé sa superficie depuis 1789. Durant toute cette période, les Amérindiens ont été refoulés à l'ouest du Mississippi. Mais, après la guerre de Sécession (1861-1865), ils sont victimes d'une extermination, et les survivants concentrés dans des réserves.
Le gouvernement Américain encourage la colonisation des terres nouvelles (Homestead Laws). Celles-ci sont cadastrées, découpées en parcelles égales et vendues à bas prix. L'Ouest devient alors un rêve pour les Américains et suscite un vaste mouvement de migration («ruée vers l'or» de Californie, en 1849), facilité par le développement des moyens de transports (routes, chemins de fer). La mise en valeur de ces terres lointaines s'accélère avec le rapide accroissement de la main-d'œuvre et les facilités de crédit.
En effet, la population Américaine (4 millions d'habitants en 1789, 9,6 millions en 1820) ne cesse de croître avec l'immigration Européenne. Près de 200000 nouveaux immigrants (Irlandais, Allemands) arrivent chaque année entre 1820 et 1850. Parallèlement, les moyens de communications se développent rapidement avec l'ouverture au trafic du canal de l'Érié (1825), et la construction de la première ligne de chemin de fer (1829). En 1840, plus de 4000 km de voies ferrées sont déjà en exploitation.

- Le clivage Nord-Sud :
En 1829, Andrew Jackson (1829-1837), soutenu par le nouveau Parti démocrate, succède au républicain John Quincy Adams (1825-1829) à la présidence des États-Unis. Entre 1834 et 1836, les adversaires du Parti démocrate se regroupent pour constituer le parti Whig. De 1840 à 1865, le débat politique est dominé par la question de l'esclavage, principal sujet de dissension entre les États du Nord et les États du Sud.
Stimulé par les inventions de la révolution industrielle, le Nord-Est connaît un extraordinaire essor économique. Grâce au protectionnisme, les industries se développent en Nouvelle-Angleterre (filature, tissage), multipliant les noyaux urbains. Les canaux et les voies ferrées ont un rôle décisif sur l'évolution de villes comme Boston, New York, Philadelphie et Baltimore, qui peuvent accéder facilement aux produits et aux marchés de l'Ouest.
Dans le même temps, les États du Sud se spécialisent dans la production de tabac et de coton. Ils développent de vastes plantations en exploitant la main-d'œuvre servile noire, renforçant du même coup l'économie esclavagiste dont le Nord réclame la suppression au nom de la démocratie Américaine. Vivant essentiellement du commerce du coton, ils sont pour leur part favorables au libre-échange. Les divergences d'intérêts entre le Nord, industriel, protectionniste et abolitionniste, et le Sud, agricole, esclavagiste et libre-échangiste, vont en s'aggravant, notamment sur la question de l'esclavage.
Le Nord s'unifie progressivement dans la dénonciation de l'esclavage, toujours toléré par la Constitution. À la fin du XVIIIème siècle, tous les États situés au nord du Maryland en exigent l'abolition. En 1808, le Congrès interdit toute nouvelle importation d'esclaves aux États-Unis. Le Sud, de son côté, luttant obstinément pour maintenir l'équilibre entre les États libres et les États esclavagistes, se lance dans une course au peuplement des régions de l'Ouest. Le gouvernement fédéral, soucieux de préserver l'Union, propose des compromis (Compromis du Missouri, 1820). Le clivage s'envenime dans les années 1830, lorsqu'un conflit oppose le Sud et le Nord sur l'autorisation de l'esclavage dans les nouveaux territoires de l'Ouest (Texas, Oregon, Californie, Nouveau-Mexique). Le Sud défend fortement la candidature du Texas esclavagiste, le Nord s'y oppose, à l'image du parti de la Liberté, constitué en 1839, qui réclame l'abolition de l'esclavage dans la totalité des États-Unis. Le Texas entre finalement dans l'Union en décembre 1845 en tant qu'État esclavagiste, sous la présidence de James K. Polk (1845-1849), successeur de Martin Van Buren (1837-1841), de William H. Harrison (1841) et de John Tyler (1841-1845).

- La guerre de Sécession :
La lutte entre le Nord et le Sud pour tolérer ou interdire l'esclavage dans les États nouvellement acquis s'amplifie sous les présidences de Zachary Taylor (1849-1850) et de Millard Fillmore (1850-1853). Elle aboutit, sous la présidence de Franklin Pierce (1853-1857), au compromis du Kansas-Nebraska (1854), stipulant que les nouveaux États se prononcent eux-mêmes pour ou contre l'esclavage. Cet accord soulève un tollé de protestations dans le Nord et cause la ruine du parti Whig, en y créant un fort antagonisme entre défenseurs et adversaires du compromis. Enfin, il oppose violemment les colons esclavagistes et abolitionnistes du Kansas (incendie de Lawrence, mai 1856).
Le parti Free Soil, créé en 1848 et adversaire de l'esclavage, puis la publication du livre de Harriet Beecher-Stowe (la Case de l'oncle Tom, 1851-1852) ont une influence déterminante sur l'extension du mouvement abolitionniste dans le Nord. Celui-ci aboutit, en 1854, à la formation de l'actuel Parti républicain. Ses fondateurs, farouchement opposés à l'esclavage, exigent le retrait du décret Kansas-Nebraska. En 1860, la scission du Parti démocrate assure l'élection du candidat républicain Abraham Lincoln (1861-1865), anti-esclavagiste notoire, qui succède au président James Buchanan (1857-1861). La seule solution qui s'offre au Sud est alors la sécession.
Le 20 décembre 1860, la Caroline du Sud quitte l'Union. Le 4 février 1861, sept États sécessionnistes du Sud (Caroline du Sud, Géorgie, Floride, Alabama, Mississippi, Louisiane, Texas) créent une nouvelle Confédération. Ils forment un gouvernement provisoire et Jefferson Davis est élu président. Lors de son discours inaugural, en mars 1861, Lincoln déclare la sécession illégale. Cependant, au mois d'avril, quatre nouveaux États esclavagistes rejoignent la Confédération : la Virginie, l'Arkansas, la Caroline du Nord et le Tennessee. La guerre civile éclate le 12 avril 1861, avec l'attaque de Fort Sumter, à Charleston Harbor, par les confédérés.
Le 15 avril, Lincoln fait appel aux États loyalistes afin d'obtenir 75000 volontaires pour défendre le maintien de l'Union. Les armées sudistes, commandées par les généraux Robert E. Lee et Joseph E. Johnston, et les nordistes, emmenés par Ulysses S. Grant et William T. Sherman, s'affrontent pendant quatre ans. Le conflit s'achève par la victoire des nordistes. Lincoln, qui a proclamé l'abolition de l'esclavage dès le 1er janvier 1863, est assassiné le 14 avril 1865. Le 6 décembre 1865, le 13ème amendement de la Constitution abolit officiellement l'esclavage dans tous les États.


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