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Le peuple Byzantin

Le peuple Byzantin occupait l'empire Byzantin, partie orientale de l'Empire Romain, qui a survécu durant près d'un millénaire à l'effondrement de l'empire d'Occident, survenu en 476 après JC. Il s'est prolongé jusqu'à la chute de sa capitale, Constantinople (aujourd'hui Istanbul, Turquie), le 29 mai 1453.
La naissance de l'Empire Byzantin, issu de la partition de l'Empire Romain, est progressive. Les Byzantins, eux-mêmes, la datent du règne d'Auguste. L'institution de la dyarchie marque plus sûrement les origines de l'Empire Byzantin, lorsque Dioclétien, afin de protéger les territoires Romains contre les invasions barbares, confie à Maximien la défense de l'Occident, lui-même défendant l'Orient. Mais c'est de l'Empire Constantinien qu'émerge l'État Byzantin. Constantin le Grand restaure certes l'unité de l'Empire Romain, mais il lui donne une nouvelle capitale, Constantinople, fondée en 330 sur le site de l'antique Byzance, dans la partie orientale. Le fondateur de Constantinople est également le premier empereur chrétien. Or, si l'Empire Byzantin est la continuation de l'ancien Empire Romain, il s'en distingue notamment par la réconciliation entre le christianisme et le pouvoir impérial.
La partition entre l'Orient et l'Occident n'est cependant définitive qu'après la mort de Théodose Ier en 395. L'empereur lègue le gouvernement à ses deux fils, Arcadius et Flavius Honorius, qui possèdent le titre d'auguste. C'est ainsi que la partie occidentale échoit à Flavius Honorius, et la partie orientale, couvrant le sud-est de l'Europe, le sud-ouest de l'Asie et le nord de l'Afrique échoit à Arcadius.
Bien qu'après l'effondrement de l'empire d'Occident, il ne subsiste plus que l'Empire Romain d'Orient — nom utilisé aujourd'hui encore par les historiens —, l'idée et le rêve d'unité demeurent toujours, tant chez les gouvernants que chez les sujets de l'Empire Byzantin. Ceux-ci, malgré un peuplement essentiellement grec, se nomment Romains (en Grec, Rhomaioi). La langue et la culture sont Grecques, mais les empereurs Byzantins font leurs les limites géographiques de l'Empire Romain et puisent dans l'histoire de Rome leurs traditions, leurs symboles et leurs institutions. L'Empire, dépourvu de constitution formelle, est dirigé par un empereur qui ne prend que tardivement le titre Grec de basileus. La synthèse Byzantine ne doit s'élaborer que progressivement.

L'émergence de l'état Byzantin :
Durant son règne, Constantin établit un modèle d'harmonie entre l'Église et les autorités impériales, qui persiste pendant toute l'histoire de l'Empire. Il crée un système monétaire durable, fondé sur le solidus d'or ou nomisma, en circulation jusqu'au milieu du XIème siècle. La prospérité commerciale des IVème, Vème et VIème siècles permet à de nombreuses cités anciennes de refleurir. Les grandes propriétés dominent la campagne et, bien qu'une lourde fiscalité a entraîné l'abandon des terres par les ruraux les plus humbles, l'agriculture demeure la principale source de richesse de l'Empire. Une réglementation impériale rigoureuse assure la sécurité et la stabilité de la vie économique.
Cependant, les fils de Théodose, comme leurs successeurs, n'ont pas le charisme de Constantin et se révèlent faibles ; jusqu'en 491, date de l'avènement d'Anastase Ier, l'empire d'Orient subit la menace — parfois l'influence — barbare, notamment celle des Goths (Wisigoths et Ostrogoths) et des Huns. Les envahisseurs barbares sont néanmoins détournés vers l'Occident, l'or de Byzance étant utilisé pour payer des tributs qui épargnent l'Empire. Durant le Vème siècle, toutefois, la guerre civile fait rage entre Goths et Isauriens, installés en Asie Mineure.
Ce siècle est également marqué par les querelles religieuses, celle surtout du monophysisme qui se poursuit ensuite sous les règnes d'Anastase Ier et de Justinien Ier.
Ce dernier tente de reconstituer les frontières géographiques de l'Empire Romain. Avec l'aide de deux brillants généraux, Bélisaire et Narsès, l'empereur entreprend de reconquérir, entre 534 et 565, l'Afrique du Nord, l'Italie méridionale, la Sicile, la Sardaigne et une partie de l'Espagne. Cet effort militaire s'accompagne, à l'intérieur, d'une œuvre législative considérable, le code Justinien (529), somme de droit Romain qui inscrit l'Empire Romain d'Orient dans une continuité avec l'ancienne Rome. Cependant, les dépenses de guerre, ainsi que celles qui sont engagées pour la construction de monuments publics et d'églises, telle Sainte-Sophie (l'église de la sagesse divine), à Constantinople, grèvent lourdement les finances de l'Empire, tandis que des épidémies réduisent sa population.

L'empire assiégé :
Certes, l'Empire a réussi à survivre aux Barbares et a stabilisé sa frontière orientale face à la Perse des Sassanides. Pourtant, Justin II (565-578), ne pouvant payer le tribut au roi Khosro Ier, reprend la lutte contre les Sassanides, lutte poursuivie par les autres représentants de la dynastie Justinienne, Tibère II (578-582) et Maurice (582-602). Si les Byzantins réussissent, par le traité de 591, à récupérer l'Arménie Perse, ils ne peuvent empêcher, durant la seconde moitié du VIème siècle, les invasions des Lombards en Italie Byzantine. L'Empire ne conserve que Rome, Ravenne, Naples et l'extrême sud. Au cours de cette période, les Turcs Avars détruisent une grande partie des Balkans Byzantins, recolonisés ensuite par les Slaves.
L'assassinat de Maurice par l'usurpateur Phocas (602) ayant provoqué une série de désastres, les Perses reprennent leurs invasions. L'empereur Heraclius met un terme à celles-ci par une victoire décisive en 628 : la Syrie, la Palestine et l'Égypte sont reconquises.
L'épuisement provoqué par cette lutte et les âpres disputes religieuses entre monophysites et chrétiens orthodoxes affaiblissent les défenses des Byzantins. Le VIIème siècle, sous la dynastie des Héraclides (610-711), voit l'Empire confronté à un nouveau danger : la conquête musulmane entreprise par les Arabes.
Entre 632 et 646, les Arabes, inspirés par une nouvelle religion, l'islam, conquièrent la Syrie, la Mésopotamie, l'Arménie et l'Égypte. Ils parviennent jusque sous les murs de Constantinople durant le règne de Constantin IV (668-685). Le siège de la ville dure quatre ans, de 674 à 678. Grâce au feu grégeois, utilisé pour la première fois dans l'histoire, les Arabes sont repoussés.
L'empire des Héraclides, singulièrement amputé, survit pourtant et se structure même plus fortement. Les armées de l'Empire Byzantin sont transformées en un corps expéditionnaire d'élite appelé tagmata. Les provinces, redéfinies, sont transformées en districts militaires nommés thèmes (themata). Chaque thème est commandé par un stratège, un général exerçant l'autorité civile et militaire sur son district. Les soldats des armées thématiques reçoivent des terres exemptes d'impôts en contrepartie d'un service militaire, ce qui permet d'éviter le recours aux mercenaires, coûteux, et d'assurer la mise en valeur du pays. Alors que la vie urbaine, le commerce et l'agriculture périclitent, l'Empire Byzantin, dans lequel s'affirme la légitimité dynastique, parvient ainsi à s'adapter au rétrécissement de ses horizons.

L'âge de la reconquête :
À partir de l'avènement de Léon III, fondateur de la dynastie Isaurienne (717-780), l'Empire Byzantin réussit à enrayer son déclin. L'offensive musulmane est stoppée sur la frontière orientale, les Byzantins mettant brillamment à profit le déclin du califat Omeyade. Léon III repousse une nouvelle attaque sur Constantinople et refoule les Arabes hors d'Asie Mineure. Son fils, Constantin V (741-775), reprend l'Arménie, la Mésopotamie et la Syrie. Mais, alors que la crise iconoclaste atteint son paroxysme, les Lombards prennent Ravenne. L'iconoclasme, institué par Léon III, a déjà provoqué une première brouille avec la papauté, néanmoins la perte de Ravenne a une conséquence plus importante. Le pape, isolé de Byzance, va chercher protection auprès des Francs. En 800, le couronnement impérial de Charlemagne par le pape Scelle, avant même le Grand Schisme de 1054 et la séparation définitive de l'Église d'Orient et l'Église d'Occident, la fin du rêve d'unification de l'Occident et de l'Orient.
Durant la régence d'Irène, commencée en 780, l'offensive Arabe reprend, se concentrant sur la Méditerranée, tandis que les Slaves et les Bulgares se font plus menaçants dans les Balkans. Pourtant, l'Empire chrétien d'Orient ne cesse d'étendre son influence spirituelle. Les Bulgares se convertissent après 860 ; la Russie de Kiev, fondée par les Varègues, adopte le christianisme en 988.
Après une période de troubles prolongée de 802 à 830 et l'éphémère dynastie Amorienne fondée par Michel II le Bègue en 820, l'Empire connaît sa plus brillante période sous la dynastie Macédonienne (867-1057).
Basile Ier, assassin du dernier Amorien Michel III l'Ivrogne (842-867), inaugure la période, marquée par le recul des Arabes musulmans en Orient, une grande activité intellectuelle et artistique, d'importantes réformes administratives et le développement d'une intense activité commerciale. Tandis que la renaissance du savoir et des arts augmente le prestige de l'Empire, le développement du port de Constantinople — la plus grande ville du monde chrétien — permet la mise en contact de la Méditerranée avec la mer Noire. Les campagnes militaires de Nicéphore Phocas, usurpateur du trône (963-969/a>) et de Jean Ier Tzimiskès font de Byzance la plus grande puissance d'Europe et d'Asie Mineure.
Après la mort de Basile II, le plus grand des empereurs Byzantins, en 1025, auquel succède pour trois années son frère Constantin VIII, l'Empire est dirigé par des souverains sans envergure, incapables de faire face à la puissance grandissante des Turcs et de l'Occident. Si les lettrés, tel Michel Psellos, donnent à la culture Byzantine son plus grand éclat, les dirigeants n'opposent guère de résistance aux Turcs Seldjoukides, qui prennent l'Arménie, tandis que Robert Guiscard achève la conquête de l'Italie Byzantine et que les Croates se rendent indépendants en Dalmatie.

Le déclin :
L'économie ruinée, l'armée en débâcle, l'Empire est au bord de la ruine. La noblesse militaire, qui en asservissant les paysans — parmi lesquels sont recrutés les soldats — a contribué au désastre, impose son pouvoir à la noblesse civile. Alexis Ier Comnène, fondateur de la dynastie comnène, appelle le pape et l'Occident au secours de Byzance que menacent les «infidèles» musulmans. Après lui, Jean II et Manuel Ier se voient contraints d'utiliser les services des croisés.
L'Empire recouvre sa puissance en récupérant les territoires d'Asie Mineure, puis, sous Manuel Ier, la Bosnie, la Croatie et la Dalmatie. Les ambitions retrouvées des Byzantins inquiètent l'Occident : Manuel impose en effet l'autorité de Byzance aux principautés Latines d'Orient. Il affronte aussi, quatre ans durant (1171-1175), les Vénitiens, auxquels il doit finalement faire d'importantes concessions économiques.
Un des objectifs des croisades est de faire hâter le déclin de l'Empire Byzantin. Le sultan Seldjoukide d'Iconium, Kilidj Arslan, profitant des difficultés de Manuel, lui inflige une défaite cuisante, à Myriokephalon (1176). L'Empire perd également le monopole du commerce : les cités marchandes Italiennes, Venise et Gênes notamment, obtiennent des privilèges commerciaux spéciaux dans les territoires Byzantins et les routes marchandes sont détournées de Byzance.
À la fin du règne d'Andronic Ier Comnène, en 1185, les Normands de Sicile envahissent l'Empire Byzantin. Sous Isaac Ange (1185-1195, 1203-1204), alors que l'Empire Bulgare renaît aux portes de Byzance, le doge de Venise, Enrico Dandolo, parvient à détourner la quatrième croisade vers Constantinople. Le 13 avril 1204, les croisés mettent la ville à sac. L'Empire Byzantin est partagé entre Venise et les Francs.

La chute :
Au XIIIème siècle, Théodore Ier Lascaris (1204-1222), à Nicée, Alexis Comnène, à Trébizonde, fondent des États Byzantins indépendants. L'Empire Byzantin se reconstitue pourtant à partir de l'empire de Nicée. Jean III Doukas Vatatzès, successeur de Théodore, reprend le nord-ouest de l'Asie Mineure aux Latins. En 1259, l'usurpateur Michel VIII Paléologue bat en Macédoine une coalition réunissant le roi de Sicile, le despote d'Épire, le prince Franc d'Achaïe et le roi de Serbie. Deux ans plus tard, les Grecs reprennent Constantinople et Michel VIII est couronné à Sainte-Sophie.
Exception faite du règne de l'usurpateur Jean VI Cantacuzène, la dynastie des Paléologue gouverne l'Empire jusqu'en 1453. Mais l'autorité centrale est désormais contestée par l'aristocratie urbaine, renforcée par le régime féodal institué sous l'occupation Latine. Les finances de l'Empire ne permettent guère de faire front. Les guerres civiles, qui précèdent et mettent fin au règne de Jean Cantacuzène, achèvent d'entamer la puissance impériale. Jean Cantacuzène, puis Jean V Paléologue ont recours à l'aide étrangère pour prendre ou reprendre le pouvoir, le premier s'assurant le soutien des Turcs et des Slaves, le second des Génois.
Les uns et les autres dépècent l'Empire. Manuel II, Jean VIII, puis Constantin XI tentent d'obtenir le secours de la papauté contre les Turcs, auxquels les Byzantins paient désormais tribut. Une croisade menée par le roi de Hongrie, Sigismond, échoue en 1396. Seules l'invasion Mongole de l'Empire constitué par les Turcs et la défaite infligée par Tamerlan, en 1402, à Bayazid Ier permettent à l'Empire Byzantin de survivre encore quelques années. En 1444, Murat II écrase la croisade organisée à la requête de Jean VII Paléologue. L'union de Rome et de Byzance proclamée à Florence en 1439 vient trop tard. En 1453, sans que l'Occident intervienne, Mehmet II met le siège devant Constantinople, défendue par Constantin XI. Le 29 mai au matin, la capitale de l'Empire Byzantin est prise et devient celle de l'Empire Ottoman. L'empire de Trébizonde disparaît à son tour en 1461.


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