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Grégoire, Abbé

(1750-1831), ecclésiastique et homme politique Français.
Patriote lors de la Révolution Française et défenseur des droits des minorités, l'abbé Grégoire a été le premier ecclésiastique à prêter serment à la schismatique Constitution civile du clergé.

Né à Vého près de Lunéville, Henri Baptiste Grégoire, fils d'un modeste artisan Lorrain, entre chez les jésuites de Nancy où il reçoit une éducation conservatrice. Ordonné prêtre (1775), curé du petit village Lorrain d'Embermesnil (1782), il s'enquiert des idées philosophiques de l'époque à l'occasion de ses nombreux voyages en France et à l'étranger — notamment en Suisse et dans les États Allemands. En 1788, le prêtre se fait connaître en réclamant pour les juifs un statut assurant leur dignité dans son Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs.
Élu député du clergé aux États généraux, il est l'un des premiers ecclésiastiques à rejoindre les députés du tiers état en juin 1789. Grégoire, membre du club Breton (le futur club des Jacobins), se lie d'amitié avec les patriotes Antoine Barnave, Pétion de Villeneuve et Maximilien de Robespierre. Élu à la Constituante, très actif lors de la nuit du 4 août 1789, il demande vainement, lors de la discussion préparatoire à l'adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, que soit parallèlement élaborée une déclaration des devoirs. En janvier 1790, il devient le président de la «Société des amis des Noirs» de Brissot de Warville, qui milite pour la suppression de l'esclavage dans les colonies. Et, en septembre 1791, il réussit à faire consacrer le principe de l'égalité civile pour les juifs.

Premier ecclésiastique à prêter serment à la Constitution civile du clergé dès décembre 1790, Grégoire est élu évêque constitutionnel quelques semaines plus tard et s'installe à Blois (février 1791). Mandaté par le département du Loir-et-Cher pour intervenir à la Législative, il se prononce dès la première séance pour l'instauration de la République. Lors du procès de Louis XVI en décembre 1792-janvier 1793, le député conventionnel est en mission en Savoie pour organiser le département du Mont-Blanc. Il fait alors savoir à la Convention qu'il approuve la condamnation du roi mais, du fait de sa foi, qu'il se refuse à voter la mort — il n'en sera pas moins accusé de régicide durant la Restauration.
Incessante, son action politique se développe en faveur de la promotion du Français, qu'il cherche à rendre obligatoire dans l'enseignement, l'unité linguistique devant selon lui faciliter la cohésion de la République. Il travaille également en faveur de l'instruction publique : il est à l'origine de la création du Conservatoire des arts et métiers (29 septembre 1794), du Bureau des longitudes (25 juin 1795) et de l'Institut de France (25 octobre 1795), dont il fait partie. Enfin, il poursuit sa lutte pour l'égalité et c'est à son initiative qu'est votée l'abolition de l'esclavage le 4 février 1794.
Liant la lutte pour l'égalité au combat pour la liberté religieuse, l'abbé Grégoire s'occupe, au sortir du régime de Terreur mis en place par Robespierre, de réorganiser l'Église constitutionnelle. À cet effet, il réunit deux conciles nationaux (1797 et 1801) et s'efforce de trouver un accord avec les prêtres réfractaires qui ont refusé la Constitution civile du clergé. Initiateur d'une vaste enquête sur les problèmes de l'Église, il publie en 1799 un Projet de réunion de l'Église russe à l'Église latine. Membre du Conseil des Cinq-Cents (entre 1795 et 1798), puis du Corps législatif (1800) et du Sénat (1801) pendant le Consulat, il est obligé de démissionner de son évêché après la signature du Concordat de 1801, qu'il refuse d'accepter : il doit jusqu'à sa mort faire suivre son nom de la mention «évêque constitutionnel de Blois».

Resté ardemment républicain, l'abbé Grégoire s'oppose à la transformation par Napoléon du Consulat en Empire. Exclu de l'Institut de France en 1816 lors de la Restauration monarchique, il est élu député de l'Isère en 1819, mais ne peut siéger en raison de l'opposition des ultras. Fidèles à ses convictions, l'homme à la «tête de fer» (comme le définit l'historien Jules Michelet) refuse de renier son serment constitutionnel sur son lit de mort. Ses obsèques sont l'occasion d'une grande manifestation républicaine.
Le transfert des cendres de l'abbé Grégoire au Panthéon, en 1989, a donné lieu à une polémique, l'Église ayant refusé de s'associer à l'hommage rendu par la République.


Logo de la date de modification 06/06/2021 Logo du nombre de vues 629 vues

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