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Le peuple Kha

Les Kha sont les plus anciens occupants actuellement survivants du sol Laotien ; les Thaï les ont refoulés des terres irrigables vers celles des régions accidentées et boisées du Laos (ils les appellent Kha, c'est-à-dire «sauvages, esclaves»).

Du nord au sud, les plus importantes de ces tribus sont celles des Phu Thaï («petits hommes», en Thaï). Très nombreux dans la province de Phong Saly, bouddhistes peu convaincus, ils n'incinèrent que les corps de leurs moines et enterrent les autres. Les Khmu occupent aussi cette province, mais la débordent largement et s'étendent sur les provinces limitrophes de Hua Khong, de Luang Prabang et de Sayabury. Les Lamet, objet d'une monographie remarquable de Karl Izikowitz, sont installés au nord-ouest de Luang Prabang dans le Hua Khong. Les Phu Theng (en Thaï, «hommes d'en haut»), qui habitent le Luang Prabang, sont en outre représentés dans la province de Vientiane. Des Phu Thaï, des , et Sek, qui parlent Thaï Lao, peuplent les dolines de la fantastique région calcaire à lapiés du Kham Muan. Dans la province de Savannakhet, il y a encore des , Phu Thaï, Alkak, Leu, Kattang, Tahoï. Des Souei, Phu Thaï, Alak, Nghê, Kassen, Boloven demeurent dans la province de Saravane.

Pratiquant l'écobuage, les Kha cultivent le riz et, pour ménager le sol, se déplacent dans un cercle forestier assez restreint, propriété du village. Ils élèvent de la volaille, des chiens, des porcs, des buffles, ces derniers pour les sacrifier et les manger rituellement. Ils se livrent collectivement à la cueillette, à la pêche et à la chasse, qui complètent leurs ressources alimentaires. La bière de riz - fermentée dans des jarres et bue avec des chalumeaux, lors des fêtes - le bétel et le tabac sont en usage chez tous. Chaque village vit en autarcie et produit les ustensiles, outils, armes, tissus nécessaires (autrefois le tapa, ou écorce battue, était répandu).

Certains villages ont, cependant, une production spécialisée qui est échangée ou vendue : poterie, vannerie, métallurgie, orfèvrerie. Le transport s'effectue à dos d'homme au moyen de hottes soutenues par un bandeau frontal. Les éléphants servent au traînage des bois, parfois à la chasse au tigre à dos d'éléphant ; le plus souvent ils sont des montures de prestige, acquis et vendus à ce titre aussi aux Lao. Leur capture et leur dressage sont l'affaire de certaines tribus, celle des Boloven par exemple. Les guerres intestines étaient endémiques autrefois et justifiaient la possession d'une riche collection d'armes : arbalètes redoutables, lances, javelines, sabres et haches à lames longues et à manches recourbés en crosse, boucliers tantôt circulaires (en bois), tantôt oblongs (en vannerie recouverte de cuir laqué).

Les tribus Kha construisent des habitations sur pilotis, en bois et bambou, dont le toit est en chaume ou parfois en vannerie d'un travail remarquable. Elles sont familiales ou claniques et abritent tous les membres d'une même lignée, avec les familles alliées. Les villages, sub-circulaires ou allongés, possèdent une maison des hommes au centre et une esplanade sacrificielle pour les fêtes. Les greniers sont généralement sur pilotis et très écartés des maisons.
Les vêtements sont différents selon les régions. Dans le Nord, où les hivers sont froids, l'influence Chinoise se fait sentir. Les hommes Kha Bit, Kha Khmu sont vêtus de pantalons et de camisoles que portent aussi leurs épouses, par-dessus la jupe-sarong des Thaï. Les femmes ont le cou chargé de colliers d'argent et les lobes des oreilles distendus par de lourds anneaux ou des fiches-bobines, comme toutes leurs parentes du centre et du sud Laos.

Les Indonésiens de ces régions vont torse nu, hommes et femmes. Les uns portent la ceinture-tablier, parfois très réduite, les autres, un simple sarong ; aux jours de fêtes, boléro ou tunique fendue pour les hommes et les femmes. Certains ont des chignons qu'ils transpercent de longues épingles d'argent ou de laiton d'aluminium, de peignes de bois incrustés d'étain, de touffes de plumes. Chez d'autres tribus, les hommes coupent leurs cheveux au bol. Des turbans de toute sorte sont très fréquents.

La société Kha, de type patriarcal patrilinéaire, tempéré par l'autorité de l'oncle maternel, comporte des clans subdivisés en familles restreintes. L'autorité revient aux anciens et aux riches. Ils enterrent leurs morts dans des cercueils, près des habitations ou dans des cimetières : occasion, entre maintes autres, de faire des sacrifices et de boire. Animistes, terrorisés par les mauvais génies et les jeteurs de sorts, ils sont la proie de leurs sorciers-guérisseurs.


Logo de la date de modification 25/05/2021 Logo du nombre de vues 936 vues

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