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Mursili II

(-1840 - -1310), C'est l'un des plus importants souverains Hittites, ou, en tout cas, le moins mal connu grâce à ses annales. Il avait fait rédiger deux sortes d'annales. Les premières sont appelées «Annales décennales» parce qu'elles concernent les dix premières années de son règne ; elles relatent ses longues campagne à travers tout l'empire et en Syrie pour maintenir l'héritage de son père, Suppiluliuma, dont il était le plus jeune fils. Les autres textes, appelés par les modernes «Annales complètes» incluent non seulement les actions du roi mais aussi celles des princes et de ses généraux. Elles vont jusqu'à la 20ème année de son règne. «Ainsi parle Mon Soleil Mursilis, le grand roi, le roi des Hatti, le vaillant, fils de Suppiluliuma, le grand roi, le vaillant : Tandis que j'inaugurais mon règne sur le trône de mon père, les pays voisins et ennemis se levèrent tous contre moi. Or, lorsque mon père fut passé au rang des dieux, Arnuwandas mon frère s' assit sur le trône de son père ; mais il tomba malade. Et lorsque les pays ennemis surent qu'Arnuwandas mon frère était malade, ces pays dénoncèrent l'alliance. Puis, lorsque Arnuwandas mon frère fut passé au rang des dieux, alors les pays hostiles qui n'avaient pas encore pris les armes, même ceux-là les prirent». Ainsi commence le règne de ce roi que les ennemis des Hittites pensaient être faible, et qui relevaient la tête une fois défunt le roi qui les avait vaincus. Tout ce texte des Annales est plein de bruit et de fureur: ce ne sont que combats, prises de villes, milliers de captifs ramenés en pays Hittite, avec parfois un peu de repos et des hivernages à Ancyre, la future Ankara. Mais on peut voir que ces courses de Karkémish aux montagnes du nord de l'Anatolie, où les Gasgas avaient leurs quartiers, d'où ils pillaient les villes de l'empire, représentaient non pas des guerres de conquête, comme ce fut le cas pour les Assyriens, mais des guerres défensives pour contenir des ennemis qui se levaient de tous les côtés des frontières. Et ce n'est qu'au prix d'une telle activité, d'un règne sans guère de repos, que Mursili maintint l'acquis de ses ancêtres. Outre ces guerres incessantes et l'administration du royaume, Mursili eut aussi à se défendre contre les intrigues de sa belle-mère, une Babylonienne qu'avait épousée son père, Suppîluliuma. L'histoire de ces démêlés entre le roi et la dernière épouse de son père, nommé par son titre de Tawannanna, est conservée dans une prière adressée par le roi aux dieux comme justification de son action. Le roi accuse sa belle-mère d'avoir tué sa femme à l'aide de formules magiques, d'avoir introduit des coutumes subversives et reçu de l'argent de certaines villes. Il la déposa de son office de prêtresse-siwanzanni et l'exila. Comme elle mourut bientôt en exil, Mursili se vit accusé de l'avoir aidée à quitter le monde des vivants. Ainsi voulut-il se justifier, pour le moins face aux dieux. On ne sait précisément en quoi consistait la fonction de prêtresse-siwanzanni ; chaque sanctuaire local avait une telle prêtresse, ce qui ne semble pas représenter une haute position, mais il semblerait que, dans ce cas particulier, elle aurait été la prêtresse non pas d'un sanctuaire particulier, mais de tous les dieux en quelque sorte la grande prêtresse de tous les sanctuaires de l'empire. Le règne de Mursili se termina cependant dans le malheur, malgré ses victoires : une épidémie de peste ravagea le pays, dont il a peut-être été l'une des victimes.


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