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Le peuple Nabatéen

Les Nabatéens forment une tribu Arabe dont l'origine géographique est imprécise. Selon la Bible, leur ancêtre éponyme serait Nebayot, l'aîné des douze fils d'Ismaël. Leur nom est à rapprocher de l'Hébreu « nabata » qui désigne d'abord les Araméens au temps de Teglat-Phalasar III, puis les tribus Arabes nomades qui paient tribut à Assurbanipal.
Ils occupent progressivement le royaume d'Edom déserté par ses habitants. C'est une infiltration pacifique. Ils sont installés dans la région de Pétra vers le VIème siècle avant JC. La vieille forteresse Édomite de Sela devient leur capitale. On sait par une inscription gravée sur le bord du Wadi Musa, en face de l'entrée du Siq, que les Nabatéens appelaient Pétra du nom de Reqem ou Reqmu, expression qui pourrait évoquer l'apparence de la roche.

Hormis les tombes taillées dans la roche, les Nabatéens nous ont laissé par eux-mêmes très peu de témoignages sur leur existence quotidienne. L'étude des monnaies d'argent et de bronze émises durant deux siècles et retrouvées par les archéologues a permis d'authentifier de façon certaine des noms de rois et de reines. Les récits sont surtout le fait de leurs voisins, admiratifs ou envieux. Curieusement, ce sont souvent les sites Nabatéens en dehors de Pétra qui ont fait progresser nos connaissances à leur sujet, notamment le site d'Hegra. Les historiens ont longtemps réduit le rôle de Pétra à celui d'une nécropole ou d'un sanctuaire, obnubilés qu'ils étaient par la présence quasi-exclusive de tombes. Les nombreux séismes survenus dans les premiers siècles de notre ère ont grandement contribué à effacer les réalisations humaines, sauf celles réalisées en creusant la roche : tombes, escaliers, citernes, bétyles, inscriptions. Le nombre de ces vestiges (près de 3 000 recensés à ce jour) et l'importance donné aux aménagements hydrauliques ne peuvent se justifier que par une présence urbaine conséquente et durable.
Il est vraisemblable que le site, dont 1 % seulement de la superficie a été vraiment fouillé, révélera à l'avenir de nouvelles constructions, invisibles à l'œil nu, comme l'ont longtemps été l'église Byzantine ou le Temple aux Lions ailés.

L'empire commercial des Nabatéens :
L'installation des Nabatéens à Pétra ne correspond pas à la sédentarisation proprement dite d'une tribu auparavant nomade : les Nabatéens ne développeront jamais l'agriculture. L'occupation du site de Pétra permet surtout de disposer d'entrepôts sûrs et bien protégés. À l'origine pilleurs de caravanes, ils en deviennent propriétaires ou au moins les protecteurs. Ils prélèvent une taxe en échange de leur protection sur toutes les caravanes qui traversent leur royaume et l'équivalent d'un droit de douane sur la valeur des marchandises.
Il ne s'agit pas d'un royaume au sens administratif du terme mais beaucoup plus d'une zone d'influence comprise entre Damas au nord, Wejh (sur la côte de l'Arabie Saoudite actuelle) à l'est, El Ula au sud (au nord de l'actuelle Médine), jusqu'au delta du Nil au sud-ouest. Elle comprend les sanctuaires religieux de Khirbet ed Dharih, Kirbet ed Tannur.
Les Nabatéens disposent d'un contrôle partiel, sur une partie des pistes qui sillonnent la péninsule Arabique. Ils devaient nouer des alliances avec des tribus nomades, comme celle des Qédarites. À l'occasion, ils installèrent des garnisons militaires comme à Hegra, limite sud de leur influence, où ils rentrent en contact avec d'autres tribus Arabes. De même leur port sur la Mer Rouge, Leukè Kômè n'est qu'un emporion : des navires y parviennent par cabotage mais les Nabatéens ne se lanceront jamais eux-mêmes sur les routes maritimes. Selon Strabon, ce sont au mieux des pirates occasionnels. Au cœur du Néguev, les villes d'Oboda, d'Elusa et de Mampsis jouaient le rôle de carrefour des voies de communication entre Pétra et la Palestine, le Sinaï et l'Égypte. De Pétra, les caravanes repartent vers l'Égypte ou les ports méditerranéens, en particulier Gaza, le grand port d'exportation des épices et du blé. Les marchandises acheminées par bateau rejoignent alors la Grèce où l'Italie.
Le désert du Sinaï regorge d'inscriptions Nabatéennes (environ 4000 inscriptions recensés) gravés sur des rochers dans les oasis, le long des pistes caravanières et auprès des hauts lieux. Certains historiens pensent même que les Nabatéens exploitaient des mines de cuivre et de turquoise dans le Sinaï, comme les anciens Égyptiens.

Les Nabatéens acheminaient, via Pétra, les marchandises rares et précieuses que réclamaient la vie fastueuse des Ptolémées. Pour faciliter les échanges, les Nabatéens mettent en place des emporium. Des découvertes archéologiques attestent d'une installation Nabatéenne sur le territoire même de l'Égypte ptolémaïque. Deux inscriptions Nabatéennes ont été retrouvées à Tell el-Shuqafnya, à 28 Km à l'est d'Heroönpolis. Une véritable ville Nabatéenne, contemporaine du début de l'Empire, a été découverte à Qasr-awît : elle comprend des temples et des habitations.
De fait, les Nabatéens contrôlent le commerce de l'encens et de la myrrhe en provenance de l'Arabia felix et celui des épices, des aromates (principalement la cannelle) et des bois précieux ou des animaux rares (singes et paons) en provenance de l'Inde. C'est à dire le monopole commercial sur des marchandises de grandes valeurs dont tout le bassin méditerranéen est fortement demandeur. Les considérables profits retirés de ce rôle d'intermédiaire expliquent l'enrichissement rapide des Nabatéens et les convoitises de leurs voisins.

Les rois Nabatéens :
L'émergence d'une principauté Nabatéenne est permise par l'affaiblissement de la dynastie Séleucide en raison de ses dissensions internes et de l'opposition de Rome. Petit à petit, les Nabatéens vont passer d'une organisation en tribu à une monarchie où les rois finiront par être divinisés de leur vivant. Toutefois, dans cette confédération de tribus qui constituent le royaume Nabatéen, l'autorité royale ne peut être que morale.
En effet, il ne s'agit pas d'un royaume au sens administratif du terme mais beaucoup plus d'une zone d'influence comprise entre Damas au nord, Wejh (sur la côte de l'Arabie Saoudite actuelle) à l'est, El Ula au sud (au nord de l'actuelle Médine), jusqu'au delta du Nil au sud-ouest. L'unité de ces tribus se construit autour d'une culture commune et l'usage d'une langue commune de communication, l'Araméen. L'unité culturelle est d'abord religieuse : ces différentes tribus adorent toutes les quatre divinités principales de la péninsule arabique pré-islamique : Sa'bu, Dhusara, Allat et al-'Uzza. Le royaume englobe d'ailleurs les sanctuaires religieux de Khirbet ed Dharih, Kirbet ed Tannur.
Principaux monarques : Ainsi, un chef de tribu nommé Harétat, bénéficiant d'une certaine ascendance sur le peuple suite à ses nombreuses victoires, devient roi des Nabatéens vers 120 avant JC sous le nom d'Arétas II. Son règne est marqué par de nombreux accrochages avec les Israélites. Son fils Obodas Ier récupère les territoires perdus au profit des voisins palestiniens et repousse une attaque Séleucide. Il meurt en 85 avant JC.
Arétas III (85 - 62 avant JC), surnommé Philhellène, devient roi à Damas à la mort du roi Séleucide Antiochos XII. Il bat Alexandre Jannée en 82 avant JC et obtient la paix. Il fonde les villes de Bosra et d'Um-el-Djamal. En 65 avant JC, il entreprend le siège de Jérusalem mais l'arrivée de Pompée qui vient de s'emparer de Damas l'oblige à se retirer. C'est sous son règne que les Nabatéens adopte l'écriture Grecque, d'où son surnom.
Obodas II (62 - 60 avant JC) est le premier roi à instaurer une divinisation du souverain. Ce culte est peut-être à l'origine de l'édification ultérieure de tombes monumentales destinées aux souverains (Khazneh, Deir). Obodas fonde la ville d'Oboda, dans le Néguev, et s'y fait enterrer dans un mausolée que l'on a retrouvé.
L'amitié de Malichos Ier (60 - 30 avant JC) avec les Romains assure une certaine prospérité au royaume. Mais il commet une erreur politique grave en soutenant l'invasion des Parthes en 40 avant JC. Après la défaite de ceux-ci, les Nabatéens doivent payer un tribut pour conserver leur indépendance.
Après le bref règne d'Obodas III (30 - 8 avant JC), durant le règne d'Arétas IV (9 avant - 40 après JC), surnommé Ami de son peuple, le royaume atteint son apogée. Il repousse les frontières de son royaume. Pour se ménager le voisinage d'Hérode Antipas, roi des Juifs, Arétas lui offre sa fille en mariage. Après leur divorce en 37, Arétas marche avec son armée sur Machéronte et écrase les Palestiniens. Arétas IV est un grand bâtisseur. Les principaux monuments de Pétra sont édifiés sous son règne (dont le temple aux lions ailés) et de nombreux travaux hydrauliques sont réalisés sur le site, ainsi qu'une vingtaine de tombeaux à Hégra.
Malichos II (40 - 70 après JC) mène une politique pro-Romaine. Il sera allié de Titus, auquel il fournit un contingent de 1000 cavaliers et 500 archers, lors de la prise de Jérusalem en 70. Après sa mort, sa femme Shaqilat II assure l'interrègne jusqu'à la majorité de son fils Rabbel. Rabbel II, surnommé celui qui fait vivre et sauver son peuple est le dernier roi (70 - 106) de Pétra. Peu après sa mort, les Romains annexent la Nabatène.


Logo de la date de modification 06/06/2021 Logo du nombre de vues 1 036 vues

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L'actualité liée à cet article est la suivante :

The sophisticated water technologies of the ancient Nabataeans : The Nabataeans were an ancient Semitic people dating back to 586 BC, who inhabited northern Arabia and the Southern Levant. The desert climate created agricultural difficulties for the Nabataeans, but they rose to the challenge, creating a sophisticated water collection system, which allowed them to build an impressive trade empire in the heart of Arabia. (31/10/2016)


Ce peuple/homme utilise les 2 écritures suivantes :
  Grec, Nabatéen


Cet élément est cité dans les 3 articles suivants :

Les Ecritures : L'écriture Nabatéenne : Généralités

Les Hommes/Peuples : Antiochos XII, Le peuple Edomite


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