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Langue flexionnelle

(du mot Français, flexion, apparu en 1864 à partir du Latin flexio onis)
Langue dans laquelle les mots changent de forme selon leur rapport grammatical aux autres mots. Dans ces langues, tous les mots ne sont pas « invariables » (ce qui est le cas dans une langue isolante) : certains modifient leur prononciation. On dit d'eux qu'ils subissent le jeu de la flexion et que l'ensemble des formes différentes d'un même mot fléchi forment son paradigme. Chaque forme d'un paradigme peut transmettre un ou plusieurs types de traits grammaticaux (genre, nombre, fonction, nature, nombre, etc.) pouvant s'opposer (singulier contre pluriel, masculin contre neutre, première personne du singulier contre première personne du pluriel, etc.). Les termes d'un même paradigme, cependant, ne changent pas de sens : seuls les traits grammaticaux s'opposent.

Il existe plusieurs possibilités de modifications du signifiant (forme sensible, le plus souvent auditive) d'un mot selon son rapport grammatical à d'autres mots de l'énoncé, c'est-à-dire plusieurs types de flexion.

1. - Flexion externe :
Ce type de flexion consiste à ajouter un affixe à signifiant variable à une base (radical, thème) le plus souvent invariable.

Radical et désinences :
Les affixes flexionnels, dits le plus souvent désinences, s'ajoutent à un radical (ou un thème quand le radical est déjà modifié). Par exemple, dans le mot « dansons », on reconnaît un radical « dans- » et une désinence « -ons » ; ce qui permet de distinguer le radical de la désinence, c'est que ce même radical peut être retrouvé dans d'autres mots : dans-er, danse, dansions, etc. De même pour la désinence : mangeons, lançons, citons, etc.
Le radical n'est parfois pas utilisé nu dans la langue, c'est-à-dire sans au moins un des morphèmes grammaticaux ajoutés : il n'est donc pas forcément autonome (même, dans les langues Bantoues d'Afrique, par exemple, le radical nu, ne se rencontre jamais). S'il est souvent invariable, certaines évolutions phonétiques peuvent donner des formes dans lesquelles le radical est modifié au contact de la désinence.

Exemple :
en Latin, dans la forme adjectivale bon-i « bons », la désinence -i exprime à la fois le genre (masculin), le nombre (pluriel) et le cas (nominatif) ;
en Castillan, dans la forme verbale habl-ó « il parla », le suffixe exprime à la fois le mode (indicatif), la personne (3ème), le nombre (singulier), le temps (passé), et l'aspect (perfectif) ;

Affixes de classe :
Parfois, la désinence ne se contente pas d'indiquer un rapport grammatical mais aussi l'appartenance du radical à un ensemble d'éléments liés à un même champ sémantique, dit « classe » (ainsi la classe des humains, la classe des langues, des émotions, des couleurs, etc.). Dans les langues Bantoues, ces morphèmes sont dits préfixes de classes.
Enfin, si l'information transmise par la désinence peut se résumer à un seul trait souvent pour des raisons explicables par la phonétique historique) : l'ajout d'un e caduc en fin de mot dans plat-e n'indique que le féminin de plat. À l'oral, la forme pourrait être singulière ou plurielle : plate et plates se prononcent maintenant à l'identique.

2. - Flexion interne (ou introflexion) :
Dans d'autres cas, la flexion ne fonctionne pas par ajout ou changement d'un morphème mais par changement phonétique du radical lui-même (pour certains linguistes, il s'agit de l'effet d'un affixe nommé « simulfixe »). Le plus souvent, c'est le timbre des voyelles du radical qui varie.
Dans des langues Indo-Européennes comme le Français (rarement), l'Anglais ou l'Allemand, des évolutions phonétiques ont pu conduire certains mots à adopter un type proche du pluriel interne : l'Anglais man fait au pluriel men (par métatonie), le Français cheval devient chevaux. En Allemand, de nombreux substantifs subissent une inflexion (ou umlaut) faisant varier le timbre d'une voyelle en plus de l'adjonction d'une désinence : Buch, « livre » fait Bücher, « livres », au pluriel, ou encore trinken « boire » donne (ich) trank « (je) bus ». C'est historiquement le même procédé qui fait passer l'Anglais foot, « pied », à feet, « pieds ».

Supplétisme :
Il arrive dans les langues flexionnelles que telle ou telle forme attendue n'existe pas, auquel cas on lui substitue une autre forme tirée souvent d'un autre radical. On nomme ce procédé supplétisme. Par exemple, en Latin, le pronom indéfini nihil « rien », n'a pas de génitif : on lui supplée le génitif d'une périphrase, soit nulius rei « aucune chose ». En Français, les différentes formes que prennent les verbes irréguliers sont parfois dues à d'anciens supplétismes : le fait que la première personne du singulier d'aller est (je) vais et celle du futur (j')irai, s'explique si l'on sait que les formes en all- sont bâties sur le radical Latin vulgaire alare (classique ambulare), que celles en va- proviennent de vadere tandis que celle en ir- viennent du verbe ire. C'est exactement le même principe pour l'Anglais be, am, is et was. Dans le cas du supplétisme, la flexion ne consiste donc plus seulement en une modification du signifiant mais en son remplacement par un autre.


Logo de la date de modification 06/06/2021 Logo du nombre de vues 1 842 vues

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