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Le peuple Athénien

Habitants d'Athène en Grèce.
Si les premières traces d'occupation du site de la colline de l'Acropole remontent à la fin du néolithique, l'histoire des origines d'Athènes fait largement appel à des récits mythiques. Selon la légende, Créops, roi d'une peuplade préhistorique, aurait fondé la première Athènes et unifié sous son autorité douze villages de l'Attique. Plus tard, au XIIème ou au XIème siècle avant JC, Thésée, fils d'Égée, paracheva l'unité politique d'Athènes et développa avec faste les panathénées, cérémonies dédiées à Athéna, la déesse protectrice de la cité.
Foyer d'immigration, notamment pour les Ioniens fuyant le Péloponnèse ravagé par les invasions Doriennes, Athènes prospéra et s'agrandit rapidement. Progressivement, à l'instigation de la puissante oligarchie terrienne des eupatrides, la royauté disparut au profit d'un gouvernement dirigé par trois puis, à partir de 683, neuf magistrats, les archontes, désignés par le conseil de l'Aréopage (du nom de la colline où il se tenait). Si le peuple était doté d'une assemblée, l'ecclésia, celle-ci n'avait qu'un rôle très limité puisqu'elle ne pouvait qu'entériner les décisions des archontes. Le système attisa bientôt le mécontentement général et amena l'aristocratie à faire des concessions.
Après la tentative de tyrannie populaire de Cylon (632 avantt JC) et le renforcement de l'agitation sociale qui suivit son échec s'ouvrit une période de réformes, symbolisée par la codification écrite des lois effectuée par Dracon, en 621 avant JC. Resté célèbre pour sa grande sévérité (les lois draconiennes), ce code législatif ne put résoudre la crise économique et sociale mais amena au pouvoir Solon, élu archonte en 594 avant JC. Homme éclairé, il réforma profondément l'organisation de la cité. Les dettes des paysans furent annulées, ce qui eut pour effet de résoudre en partie la grave crise agraire. Les citoyens furent regroupés en quatre classes censitaires, selon leur fortune, ce qui revenait à abolir les privilèges de naissance. Au niveau des institutions, la création du Conseil des Quatre-Cents (la boulê) chargé de préparer le travail de l'ecclésia aux pouvoirs désormais renforcés et la mise en place d'un tribunal populaire (l'Héliée) introduisirent les ferments de la démocratie dans la vie Athénienne. Une réforme monétaire et une facilité accrue pour les marchands étrangers à se rendre dans la ville eurent également pour effet de redynamiser la vie économique et de favoriser l'essor du commerce.

L'apogée de la cité :
Après une période trouble, le tyran Pisistrate, soutenu par l'aristocratie, s'empara du pouvoir. Son gouvernement (560-527 avant JC) comme celui de ses fils Hipparque et Hippias (527-510 avant JC) marquèrent une ère de grandeur et de prospérité pour la ville ; des mesures favorables à la petite paysannerie furent adoptées mais surtout une politique de grands travaux transforma Athènes : une nouvelle enceinte englobant la colline de l'Aréopage, voisine de l'Acropole, fut édifiée ainsi que les agoras dites de Thésée et de Solon, centres de la vie politique ; dans la ville basse, on construisit un réseau d'égouts, on effectua d'importants travaux de voirie et on édifia le Lycée et l'Académie, gymnases appelés à connaître une grande notoriété.
C'est Clisthène, au pouvoir en 508 avant JC, qui, par ses réformes, est considéré comme le véritable père de la démocratie Athénienne. Les quatre tribus initiales furent remplacées par dix tribus, constituées sur la base d'une division géographique de l'Attique, ce qui introduisit une plus grande égalité entre les citoyens puisque désormais leur lieu de résidence et non plus leur fortune leur donnait accès à la vie publique, chaque tribu envoyant cinquante représentants à la boulê qui devint le Conseil des Cinq-Cents. L'ostracisme, c'est-à-dire le bannissement temporaire de la cité, procédure destinée à écarter un individu susceptible d'entraver la démocratie, fut également introduit.
Pillée et ravagée par les Perses au Vème siècle avant JC, Athènes sortit finalement grandie des guerres médiques, notamment après l'éclatante victoire de Salamine, remportée par Thémistocle en 480. Ce dernier entreprit alors de restaurer les fortifications de la cité et du port, et relia Athènes au Pirée par les Longs Murs, un passage fortifié entre les deux points. La cité Athénienne prospéra et regroupa ses alliées au sein de la confédération de Délos (ou Confédération Athénienne), apparaissant désormais comme l'unique rivale de Sparte. Périclès acheva ces grands travaux vers 450 avant JC. C'est lui, plus que tout autre chef démocrate, qui fit d'Athènes le véritable foyer de la civilisation classique. Conseillé par le sculpteur Phidias, il fit établir un plan d'aménagement de l'Acropole, financé par les fonds publics, et édifier le Parthénon, le temple d'Athéna Niké, l'Érechthéion, les Propylées, tandis que, dans la ville basse, l'Agora fut agrandie et redécorée, des maisons de briques construites, de nouvelles voies de circulation aménagées. Athènes rayonnait dans tout le monde antique et s'épanouissait sur le plan artistique et culturel. Les tragédies et les comédies d'Eschyle mais aussi de nouveaux auteurs comme Sophocle et Euripide étaient jouées dans le théâtre de Dionysos, sous l'Acropole tandis que Le Pirée devenait la plaque tournante de tous les commerces en Méditerranée.

Le déclin :
La guerre du Péloponnèse entre Sparte et Athènes (431-404 avant JC) marqua le déclin de la cité. La peste ravagea la ville et causa la mort de Périclès (429 avant JC), l'Attique fut pillée par les armées coalisées et la défaite maritime d'Aigos Potamos (405 avant JC) fit perdre à Athènes sa flotte ; les Spartiates prirent alors le contrôle de la ville et imposèrent le Conseil oligarchique des Trente Tyrans comme organe de gouvernement. Cette perte de souveraineté n'entrava pas l'activité intellectuelle d'Athènes : c'est à cette époque que Platon et Aristote créèrent leur propre école philosophique, que Démosthène, Isocrate, et d'autres orateurs amenèrent la rhétorique au niveau d'un art.
La bataille de Chéronée remportée en 338 avant JC par Philippe II fit entrer Athènes dans l'aire de dépendance de la Macédoine jusqu'au IIème siècle avant JC. La cité, qui demeura le grand foyer de la civilisation Grecque, bénéficia durant cette période de nouveaux aménagements et de travaux d'embellissement menés sous la houlette de Lycurgue. Après la mort d'Alexandre le Grand (323 avant JC), le successeur de Philippe, et le découpage de l'empire Macédonien, la ville, encore sous domination des rois de Macédoine, s'assoupit.

La période Romaine :
Conquise par le Romain Sylla, en 86 avant JC, Athènes perdit ses remparts et son rôle politique mais resta néanmoins un véritable phare intellectuel grâce à la pax romana qui s'instaura. Séduits par la culture et l'art de vivre Athéniens, les Romains en copièrent les œuvres d'art et les mœurs et ne cessèrent d'embellir la ville : la tour des Vents, le temple de Rome et d'Auguste sur l'Acropole, l'agora Romaine, le théâtre de l'Odéon dans l'ancienne agora sont parmi les monuments édifiés à cette époque.
À partir de 53, les prêches de saint Paul devant l'Aréopage ne donnèrent qu'un faible écho au christianisme à Athènes ; il réussit cependant à convertir un membre du vénérable tribunal, Denys l'Aréopagite, premier évêque et martyr de la ville. Plus tard, l'empereur Hadrien (117-138), particulièrement attaché à la Grèce, continua les travaux d'urbanisme de ces prédécesseurs : la bibliothèque qui porte son nom, l'Olympiéion (temple de Zeus), un gigantesque stade en marbre situé au-delà de l'Ilissos, de nouvelles routes, des aqueducs, etc., furent construits sous son règne.

De Byzance à la domination Ottomane :
Athènes fut attribuée aux empereurs d'Orient lors du partage de l'empire Romain de 395. Ravagée par les Goths en 267, puis par les troupes d'Alaric en 396, la ville eut beaucoup de mal à se relever. L'édit de Milan (313), qui avait donné la liberté de culte aux chrétiens, permit à la religion de se répandre à Athènes ; l'édit de Théodose (435) ferma les écoles païennes, des basiliques chrétiennes furent aménagées dans plusieurs bâtiments comme le Parthénon, l'Érechthéion ou le théâtre de Dionysos. De nombreuses œuvres d'art furent transférées à Constantinople et les rares visites des empereurs Byzantins ne parvinrent pas à sortir la ville d'une certaine léthargie, même si quelques sanctuaires typiquement Byzantins, souvent construits avec des éléments antiques, devaient être bâtis aux XIème et XIIème siècles, la Kapnikaréa et la Petite Métropole, par exemple.
Après la prise de Constantinople par les croisés en 1205, Athènes, érigée en duché, fit partie des possessions des La Roche, une famille Bourguignonne puis de Gautier de Brienne qui leur succéda. Après avoir fortifié l'Acropole, les ducs installèrent leur résidence dans les Propylées, flanquées pour l'occasion d'un donjon. La suzeraineté franque prit fin avec la victoire des Catalans à Céphyse (1311). Ayant négligé Athènes au profit de Thèbes, ils en furent expulsés en 1387, après un long siège mené par Nério Acciaiuoli, un Florentin. L'intermède prit fin en 1456 : maîtres de Constantinople depuis 1453, les Turcs Ottomans venaient de s'emparer d'Athènes. Ayant installé leurs quartiers sur l'Acropole, ils transformèrent le Parthénon, en mosquée, les Propylées en harem et créèrent un dépôt de poudre dans l'Érechthéion ; le sultan Mehmet II permit cependant la liberté de culte et accorda une large autonomie à la ville.
En 1687, le siège victorieux d'Athènes par les troupes Vénitiennes du doge Morosini fit échapper la ville pour une année à la tutelle Ottomane, mais eut surtout pour conséquence la destruction partielle du Parthénon : touchée par un obus Vénitien, la poudrerie explosa, provoquant de graves dégâts. Repassée sous domination Ottomane, Athènes connut une nouvelle phase de sommeil. Cette petite ville d'environ 12 000 habitants ne suscitait plus guère l'intérêt que de quelques érudits et amoureux de l'Antiquité, essentiellement des Anglais, dont lord Elgin, ambassadeur de 1803 à 1806, qui, avec l'autorisation des Turcs, rapporta à Londres de nombreuses antiquités parmi lesquelles les célèbres métopes du Parthénon, et des Français, comme Chateaubriand, très marqué par un séjour qu'il raconte dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem.

Athènes Grecque :
La longue guerre de l'indépendance Grecque (1821-1833) eut pour point de départ le soulèvement d'Athènes. Durant ces treize années, les victoires et les revers des différents protagonistes ne furent pas sans conséquences sur la ville : gravement endommagée, Athènes ne comptait plus que 4 000 habitants en 1834, au moment où elle remplaçait Nauplie dans le rôle de capitale du pays. Othon Ier, le jeune Bavarois imposé comme roi à la Grèce par la conférence de Londres, entreprit de réaménager la ville avec l'aide d'architectes Allemands, tandis que les travaux de voirie étaient confiés à des Français. De nouvelles artères furent dessinées selon un plan rectiligne entre les places Syntagma et Omonia, des quartiers entiers dotés de bâtiments néoclassiques s'élevèrent, le Palais royal, l'Université, le Parlement, l'Observatoire furent parmi les édifices construits dans la seconde moitié du XIXème siècle. La ville avait retrouvé un bon niveau d'activité et comptait plus de 40 000 habitants en 1860.
La Grande Catastrophe, provoquée par le conflit qui opposa les Grecs aux troupes de Mustapha Kemal (1919-1922), eut pour conséquence la restitution des territoires Grecs d'Asie Mineure à la Turquie. Un million et demi de Grecs durent regagner le territoire national désormais amputé. Beaucoup s'installèrent dans la capitale dont la population fut presque multipliée par deux entre 1920 et 1928.
Occupée au cours de la Seconde Guerre mondiale par l'armée Allemande d'avril 1941 à octobre 1944, Athènes fut libérée par les Britanniques. La capitale fut le théâtre de sanglants épisodes de la guerre civile qui opposa immédiatement après la libération les forces royalistes, soutenues par les Alliés, aux troupes de l'ELAS (Armée nationale de libération populaire) d'obédience communiste.
Les années 1950 furent marquées par le début de l'exode rural qui allait se poursuivre et faire considérablement augmenter la population de la ville qui s'agrandit encore. Le tiers des habitants de la Grèce se concentre aujourd'hui à Athènes, confrontée à de graves problèmes d'environnement et désormais objet d'une politique d'aménagement (rues piétonnes, espaces verts) et de sauvegarde des bâtiments les plus anciens.


Logo de la date de modification 03/06/2021 Logo du nombre de vues 2 771 vues

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Cet élément est cité dans les 5 articles suivants :

Les Hommes/Peuples : Alcibiade, Antipatros, Crésus, Le peuple Thrace, Le roi Cyrus le jeune


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