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La xylographie


Apparue en Chine vers le Ier siècle de notre ère, la gravure sur bois ou xylographie est la plus ancienne technique de gravure connue.
Au début on sciait le bois, généralement du poirier, dans le sens des fibres : c'est le « bois de fil ». Le graveur détoure son dessin à l'aide d'outils très tranchants (canifs, gouges etc...), le faisant apparaître en relief pour que l'encre ou la couleur s'y dépose. Il épargne les parties du bois qui ne recevront pas l'encre, d'où son nom de « taille d'épargne ».
Le manque de finesse du bois de fil a donné naissance au « bois de bout ». Cette fois, le buis est privilégié. Découpé en cubes collés entre eux dans le sens contraire des fibres et polis, il présente au graveur une surface dure et polie. L'Artiste creuse la matière avec des outils différents du bois de fil : langues-de-chat, échoppes, onglettes etc ...
Comme pour les autres procédés de gravure, il réalise son sujet à l'envers, en « négatif », pour qu'il apparaisse à l'endroit à l'impression, et grave autant de bois que de couleurs.
Des Artistes comme Wohlgemuth, son élève Dürer et, plus près de nous, Laurens, Soulas, Chièze, Miro, Derain, Lorjou etc ... se sont exprimés à travers cette technique.

Le plus ancien xylographe daté que l'on ait découvert en Chine n'est pas antérieur à 868 : c'est le fameux Sutra du Diamant, trouvé en 1907 par Aurel Stein dans les grottes de Mogao près de Dunhuang, aux confins de l'Asie centrale et qui est conservé à Londres (British Library).

La xylographie était connue au IXème siècle non seulement en Chine mais aussi en Corée et au Japon. Dans ce dernier pays, un million de courts textes bouddhiques en Chinois furent imprimés sur l'ordre de l'impératrice Koken entre 764 et 770, et enfermés dans autant de petits stupa, dont plusieurs centaines subsistent.
Lorsque la xylographie naît en Chine, et contrairement à ce qui s'est passé en Occident, le papier est connu depuis longtemps. C'est en effet l'eunuque Cai Lun au début du IIème siècle qui est considéré comme l'inventeur du papier et qui a fait de celui-ci un support apte à recevoir l'écriture. L'encre utilisée, aussi bien pour l'écriture que pour la xylographie, était composée de suie de pin mêlée à de la colle de poisson, de corne de cerf ou de peau.
Les textes reproduits par xylographie non seulement requièrent papier et encre mais font également appel à un technique de gravure inversée.

Planche à imprimer du « Yinzhi jinjian » (Le miroir des déterminations secrètes). Le texte à imprimer est gravé en relief et à l'envers ; au moment du tirage, la planche était encrée, on y déposait la feuille de papier et l'impression était réalisée à l'aide d'un frotton. (British Library, Londres).

La pratique de la gravure servait à la reproduction d'images et d'écrits depuis l'antiquité, en cela la xylographie hérite des impressions de sceaux à l'aide de cachets en bois. Toutefois, un étape supplémentaire devait être franchie pour aboutir à la xylographie telle que nous la connaissons, qui suppose le retournement de la planche : alors que le cachet était apposé sur le papier, dans l'impression xylographique, c'est le papier qui est appliqué sur la planche et pressé à l'aide d'un frotton.


Logo de la date de modification 06/06/2021 Logo du nombre de vues 1 851 vues

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