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Computer To Plate : Généralités

Le principe du CTP

Avant d'aller plus en avant, il faut d'abord poser les bases et les définitions du CTP.
La signification de CTP (abréviation de Computer To Plate) est littéralement 'de l'ordinateur à la plaque' (et non à l'assiette, comme j'ai pu l'entendre dire). Il s'agit donc de fabriquer les plaques (servant pour l'impression) directement à partir des pages créées sur l'ordinateur.
Le CTP vient donc comme une nouvelle avancée technologique de son ancêtre le CTF (Computer To Film).

Ainsi, dans un monde industriel en perpétuelle recherche de gains financiers, le CTP vient se positionner comme un potentiel réducteur de coût en supprimant l'étape du film. Nous verrons qu'il est important de ne pas avoir un regard aussi simpliste que l'appât du gain et l'attrait de la nouveauté nous tendent si rapidement.
Le principe du CTP est très simple dans son concept et a été principalement un progrès industriel plus qu'un progrès technique. Il se base sur les mêmes principes que la fabrication traditionnelle de plaques : à partir d'une image (électronique dans le cas du CTP), une source d'énergie (le laser) vient 'sensibiliser' une surface (la plaque) pour permettre l'impression. En plus de ce principe, le CTP apporte l'automatisation de nombreuses tâches comme : le traitement de l'image et de ses couleurs, la prise en charge mécanique des plaques.

L'histoire du CTP

Apparu sur le marché dans les années 80, le CTP connût toutes les réticences du monde de l'imprimerie basé sur la mécanique des procédés et l'œil (ou le nez) de l'homme. Encore aujourd'hui, en 2003, plusieurs imprimeurs ont une confiance tout à fait mesurée en cette 'machine'.
Bien entendu, les premiers intéressés furent les imprimeurs de tirages importants et urgents et ceux possédant les presses de grand format, à savoir principalement : le monde de la presse (les journaux) et les rotativistes.
Les premières machines utilisèrent des supports (la plaque) argentique, puis polyester, puis vint le thermique.

Fonctionnement d'un CTP
La source

En amont du CTP, on trouve la page électronique.
Sous ce terme, on entend une page réalisée sous un logiciel de mise en pages (par exemple : Word, XPress, FrameMaker, Indesign, XPP...). Ce document comporte des images, du texte, des polices, des objets vectoriels... Le logiciel de mise en pages sait gérer ces éléments mais aucune machine ne comprend directement ce langage. Il faut donc réaliser un langage commun : le langage Postscript (littéralement 'après le processus' de mise en page). Ce langage est de plus en plus remis en cause par le langage PDF avec plus ou moins de réussite (encore aujourd'hui le PDF n'a pas réussi à détrôner le champ d'action du Postscript).

Le RIP

Mais là encore, le langage Postscript n'est pas complètement compréhensible par les machines. Il leur faut un traducteur plus simpliste. Ce traducteur a été créé à travers le RIP (Raster Image Processor). Ce agent vient convertir les données de contruction de pages en 0 et en 1 sur différents niveaux (les couleurs). La machine comprend alors l'ordre qui lui est donné : écrire ou ne pas écrire sur la plaque.

L'écriture de la plaque

On trouve ici le cœur du problème du CTP : comment écrire rapidement mais correctement et économiquement sur une plaque ?
À ce stade, plusieurs points de vue se sont confrontés et se confrontent encore.
Il existe plusieurs caractéristiques à prendre en compte :

Type de plaques
Il existe différents types de plaques :
- Les plaques argentiques : elles furent les premières plaques mises en œuvre sur les CTP (elles sont issues directement de la technologie des films).
Cette plaque est constituée d'un support aluminium ou polyester recouvert d'une couche de nucléation puis d'une couche d'halogénure d'argent. Durant le développement, les thiosulfates d'argent formés dans les zones non-exposées diffusent vers la couche de nucléation pour former de l'argent lithographique qui adhère fortement à la couche anodique.
- Les plaques photopolymères : il s'agit de la seconde génération de plaques dans l'évolution des CTP.
Une couche de polymère photoréticulable est déposée sur un support aluminium grainé et anodisé. L'ensemble est recouvert d'une couche protectrice pour éviter les phénomèmes d'oxydation. L'énergie lumineuse du Laser initie la réticulation par photoamorçage du polymère. Cette réaction peut d'ailleurs être accélerée par un pré-chauffage.
Après l'insolation principale, un post-chauffage est apporté pour stopper le phénomène démarré par le Laser. La plaque est ensuite développée dans un révélateur aqueux alcalin classique.
- Les plaques thermiques : Contrairement aux plaques précédentes qui sont photosensibles, la plaque thermique est basée sur la réaction à seuil d'énergie. Ainsi la chaleur du laser thermique génère des molécules d'acide qui modifiaient la solubilité de la couche polymère réceptrice d'encre dans le développeur basique.

Les avis sont très partagés sur le choix de la plaque. L'effet 'mode' est aussi un facteur important dans les solutions proposées sur le marché. Ainsi, il y a trois ans, la technologie thermique est déclarée comme la seule technologie d'avenir. On peut voir aujourd'hui que chaque type montre ses limites selon les domaines d'utilisation.


Le Laser
Le mot LASER a pour signification «Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation», c'est-à-dire amplification de lumière par émission forcée de rayonnement.
Il existe différents types de lasers :
- Laser Hélium-Néon : Ce laser fonctionne par une exicitation des atomes d'hélium à partir de l'état initial. Cet excédent d'énergie est couplé à un atome de Néon non exicité par un processus de collision qui résulte dans une inversion de la population des atomes de Néon.
Le plus connu de ces lasers émet à une longueur d'onde de 633 nm (dans le rouge), mais ils en existent aussi qui émettent à des longueurs d'ondes inférieures (612 nm, 594 nm et 543 nm).
Ce laser est principalement utilisé pour les CTF.
- Laser à Argon ionisé : Le principe de base d'un laser à argon ionisé est le même que pour le laser précédent. La différence majeur est que le courant électrique qui traverse le laser est doit être de 10 à 20 ampères, suffisament élevé pour ionisé le gaz. La population d'inversion est obtenue uniquement avec l'état ionisé du gaz.
Ces lasers émettent à des longueurs d'ondes dans le bleu - vert comprises entre 458 et 514 nm, les deux ondes majeures étant 488 nm et 514 nm. Ils peuvent également émettre dans l'ultraviolet à 351 et 364 nm en modifient les miroirs du résonnateur.
- Laser Yag et Fd-YAG : Ce laser est constitué d'un grenat d'yttrium et d'aluminium (YAG) dopé au néodyme. Le crystal sert à hébergé les ions Néodyme. Il est constitué d'un système de pompage à base de Tungstème. Ces lasers font partie de la classe des lasers à l'état solide, ils émettent des ondes continues à une longueur d'onde de 1064 nm.
L'autre type de laser est le laser Nd : YAG à doublement de fréquence (Fd-YAG) qui grâce à une technologie spécifique de génération d'harmoniques, voit sa longueur d'onde divisée par 2 (longueur d'onde de 532 nm - émission dans le vert).


Les technologies de gravure

- Fibre head : Ce système rencontré sur les VLF de Lüscher utilise une tête laser composée d'un alignement de 32, 64 ou 128 diodes laser. Le signal émis par chaque diode est conduit par fibre optique jusqu'à la tête optique, située au contact de la plaque (à quelques millimètres de la surface). Il y a donc autant de faisceaux attaquant la plaque que de diodes dans la tête laser. Avantage : chaque diode n'est sollicitée qu'à une fraction de sa puissance maximale, gage de longévité.

- Light Valve : Le «light valve» est au cœur des TrendSetter et des Magnus de Creo. Ici, le faisceau laser est émis par une seule source laser de forte puissance. Ce faisceau unique est ensuite fractionné en une série de faisceaux individuels (240 sur les TrendSetter) par un circuit électronique. Avantage : un plus grand nombre de faisceaux en parallèle, qu'avec une optique fibre head. Par ailleurs, il n'est pas nécessaire de régler les faisceaux entre eux car ils proviennent tous de la même source.

- Grating Light Valve : Le GLV est une variante du «light valve», que l'on trouve sur les VLF d'Agfa et de Screen. Comme sur les TrendSetter, le faisceau principal est issu d'une source laser unique. Mais au lieu d'être fractionné par électronique, il est fractionné (en 512 faisceaux) par un alignement de petits miroirs rotatifs permettant chacun de réfléchir ou non le faisceau principal. Les avantages sont proches de ceux du light valve, les fabricants se disputant un avantage en termes de vitesse de gravure ou de qualité du point sur la plaque.


Logo de la date de modification 05/06/2021 Logo du nombre de vues 2 035 vues

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L'actualité liée à cet article est la suivante :

Le CTP : Ajout de la première partie de l'étude sur le CTP (Computer To Plate). (25/09/2003)


Cet élément est cité dans les 3 articles suivants :

L'Imprimerie : Luxel T-9800

Le Glossaire : Fibre head (gravure), Gravure Grating Light valve


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